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Arrivée à Idlow
Sorti le 23/05/2007, compilé dans le Volume 2
Histoire :
Idlow, petite ville de pêcheurs au Nord d’Hydrapole, dépendant du gouvernement de cette dernière, mais pas de ses suprêmes ambitions technologiques, est un refuge pour tous ceux qui veulent vivre normalement, sans recours abusif à la technologie ni à la magie (qui y est interdite, comme à Hydrapole). A cause de cette divergence de point de vue au niveau de l’importance de la technologie dans la vie quotidienne, Idlow est séparée de la mégalopole par une vaste plaine d’environ cinq kilomètres.
Toute la ville est construite comme un enchaînement circulaire de ruelles tournant autour d’un point central, qui est une immense fontaine, et s’étendent jusqu’aux côtes où les ports maritimes traitent les poissons pêchés qui font la prospérité économique de la cité.
Il est vrai que comparée aux trois grandes cités état qui se partagent le monde, Idlow pourrait être qualifiée de petit paradis préservé. C’est sans doute pour cela que c’est un lieu de vacance et de détente très estimé.
Aux portes de la ville, une grande arche faite avec des coques de bateaux renversées, Vladimir et Almee font leur entrée dans la cité. Le réploïde est émerveillé par les structures simples des maisons boisés, et furète de droite à gauche.
(Vladimir) : Nous sommes enfin arrivés… on ne va pas rester longtemps, alors ne trainons pas.
(Almee) : Allez prof, sois cool ! Ca fait des années que je suis pas sorti, laisse moi faire un petit tour, et je te rejoins au magasin de ton pote après.
Vladimir tourne la tête de droite à gauche en signe de dénégation.
(Vladimir) : Beaucoup trop dangereux, tu gaffe sans arrêt… je veux pas me faire arrêter parce qu’on aura réussi à prouver que tu es un réploïde.
(Almee) : T’es nul, purée…
Vladimir pousse un soupir à la vision désespérément triste d’Almee, et bien qu’il sache parfaitement que ce n’est qu’une feinte, un caprice, il ballote sa main d’avant en arrière pour signifier à son réploïde qu’il peut aller faire un tour.
(Vladimir) : Et rejoins moi rapidement au magasin, je t’ai amené pour que tu veilles sur moi, pas pour que tu fasses du tourisme.
Almee, s’éloignant déjà d’un air radieux, se contente de lever la main en l’air pour montrer qu’il a bien entendu les ordres. De son côté, Vladimir prend la rue adjacente où le magasin de récupération de son ami est toujours bien là. Il affiche un sourire à l’idée de le revoir et se dirige d’un pas calme vers l’enseigne portant la marque d’un écrou dentelé sous lequel est écrit : « Récupération à bas prix. Vend, achète, répare. »
Sur les docks, dans les quartiers les plus reculés de la ville, près du vieux port de pèche, Telziel marche en regardant la photographie froissée qu’il vient d’extraire de sa poche. Il s’agit de la photo qu’il avait trouvée dans le dossier sur l’Ordo Arakis sur laquelle est représenté un hangar spécialisé dans le stockage et le ressourcement des eaux usées. Il arrête un vieux pêcheur qui s’en revient du ponton, tenant à bout de bras une magnifique lotte de belle taille.
(Telziel) : Magnifique prise.
(Pêcheur) : Oui, ça a été une bonne journée.
Sans hésiter, l’inspecteur montre la photographie abimée au pêcheur qui ajuste mécaniquement ses yeux dessus afin de bien voir les détails.
(Telziel) : Excusez moi, mais vous ne savez pas où ça se situe ?
(Pêcheur) : Si, si.
Il montre le bout du dock du doigt, en agitant mollement la main.
(Pêcheur) : Un de leurs vaisseaux, là… un aéroplaneur... s’y est posé y a pas plus d’une demi heure. Suffit que vous alliez au bout du dock et que vous rentriez dans la grande cour à gauche. Y a une série de bâtiments en mauvais état… ce hangar est l’un d’entre eux.
Telziel hoche la tête en tapotant l’épaule du pêcheur en signe de gratitude. Ce-dernier affiche un sourire et s’en va en sifflotant. Le regard de l’inspecteur se tourne alors vers le point qu’a désigné le pêcheur un instant auparavant.
(Telziel) : Un aéroplaneur, hein ?
Dans les ruelles d’Idlow, Almee sautille de joie un peu partout, affichant un magnifique sourire à toutes les personnes qu’il croise sur son chemin. Soudainement, il s’arrête, semblant avoir vu un objet intéressant dans une vitrine. Il s’en approche, l’air concentré, plissant les yeux pour mieux voir au travers de la vitrine poussiéreuse. C’est un magnifique katana placé au dessus de son étui, sur un support en bois lissé. Almee lève la tête et regarde l’enseigne du magasin : « Alexandre Menfis – Antiquaire ». Le réploïde se penche sur la vitrine pour mieux voir l’objet magnifiquement ouvragé sur son râtelier.
(Almee) : Tu parle d’une antiquité, celui-là doit encore trancher comme au premier jour.
(Raven) : Je te le fais pas dire, mon garçon.
Almee tourne la tête pour constater la présence d’un type bizarre en combinaison cybernétique, un masque blanc couvrant son visage. Il a l’air plutôt louche, mais le réploïde n’a pas l’habitude de faire attention à l’apparence des gens.
(Almee) : Je le trouve magnifique. Vous vous y connaissez ?
(Raven) : Un peu, mon neveu ! Regarde ça.
Almee se redresse pour faire face à Raven qui dégaine alors le katana qu’il a accroché à la ceinture. La lame magnifiquement lisse et incroyablement longue renvoi les reflets du soleil dans les yeux du réploïde qui, impressionné par tant de beauté, reste bouche bée et silencieux.
(Raven) : Tu veux le prendre un peu ?
Il tend son arme au réploïde qui s’en saisit délicatement, un sourire fasciné imprimé sur le visage. Il passe lentement son doigt sur la lame, appréciant sa froideur métallique et la douceur de sa courbe inaltérable.
(Almee) : C’est une merveille.
(Raven) : Ce katana s’appelle Shingomaru. C’est l’un des trois grands sabres du Ki, forgé par le maître spirituel d’un monastère où vont s’entraîner des combattants qui dédient leur vie à la voie du combat au katana.
Almee, fasciné, contemple la beauté de l’arme en écoutant son histoire. Après cela, il hésite un moment à continuer à observer la magnificence de l’épée, mais se décide à la rendre à son propriétaire, qui la range dans l’étui d’un geste d’une souplesse incroyable et d’une précision sans failles.
(Raven) : Tu as l’air d’apprécier les katanas, n’est ce pas ?
Almee hoche la tête, et bien qu’il ne puisse pas le voir derrière le masque de son interlocuteur, il est presque sûr que ce dernier est en train de sourire.
(Almee) : C’est un objet qui m’a toujours fasciné…
(Raven) : Est-ce que cette lame en vitrine t’évoque quelque chose lorsque tu la regarde ? Eveille-t-elle un sentiment en toi ?
Almee concentre alors son regard sur l’épée exposée en vitrine, semblant en palper des émanations mystiques invisibles. Un léger sourire de fascination se dessine sur son visage à mesure qu’il observe l’épée, comme si celle-ci l’hypnotisait littéralement.
(Almee) : Je crois que oui…
Le sabreur pose sa main sur la tête du réploïde et ébouriffe ses cheveux. Sans ajouter un mot, il se penche à son tour vers la vitrine, mais ne regarde pas du côté du katana, mais plutôt d’un rouleau de parchemin, qui a l’air très ancien, posé juste à côté.
(Raven) : Alors la voilà…
Ne voulant pas être indiscret, Almee ne demande rien à propos de ce que l’homme est en train d’observer et, se rendant compte que l’heure file, il fait une petite courbette vers l’avant pour saluer sa dernière rencontre.
(Almee) : Je dois m’en aller. Au revoir.
Raven, obnubilé par ce rouleau de parchemin, ne tourne même pas la tête vers son interlocuteur, se contentant de lever la main en sa direction pour le saluer. Almee sourit et se dirige d’un pas guilleret dans une rue adjacente pour revenir sur ses pas et rejoindre Morlan chez le revendeur.
De son côté, l’homme en armure cybernétique vient juste de se redresser et de saisir un petit Comsat accroché à sa ceinture, dans son dos, sous l’étui du katana. Il appui sur l’un des boutons et place l’appareil à quelques centimètres de son masque, puis attend quelques instants que son interlocuteur lui réponde, ce qui semble arriver assez vite.
(Raven) : Oui ? Boss ? J’ai trouvé la carte… elle était bien chez cet antiquaire, Alexandre Menfis. Je fais quoi ?
La personne à l’autre bout de l’appareil répond et Raven écoute en silence, attentif.
(Raven) : Ok. Je vous attends alors.
Il referme son Comsat d’un geste vif et le replace à l’endroit où il l’avait accroché précédemment. Sans attendre une seule seconde, il s’accroupit et prend appui sur ses jambes avant de se projeter gracieusement sur le toit d’une maison en face de l’antiquaire, où il atterrit tout aussi silencieusement qu’il y a bondit. Une fois arrivé là haut, il s’assit sur les tuiles et croise les bras, silencieusement.
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