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Tourbillon d'aura

Sorti le 27/04/2011, compilé dans le Volume 18

Histoire :

Vladimir avale à sec devant les formes parfaitement lisses et chromés du clone de mercure qui lui fait face. Le Rouge lève un bras devant son allié, comme pour indiquer qu’il faudra d’abord lui passer sur le corps avant de pouvoir l’atteindre.

(Le Rouge) : Calmez vous, professeur Morlan. Ce n’est pas vraiment lui… je ne ressens pas sa puissance comme j’ai déjà pu la ressentir auparavant. Il ne s’agit là que d’un ersatz.

(Vladimir) : C’est impossible à savoir… on ne peut pas faire la différence entre sa véritable forme et ses clones. Croyez-moi, il vaut mieux fuir.

Le Rouge hoche calmement la tête avant de faire signe à Vladimir de reculer. Le professeur ne perd pas un instant avant de pivoter sur lui-même pour se mettre à courir dans la direction opposée. Le Rouge lui emboîte le pas, non sans rester prudent quant aux agissements du clone. Celui-ci ne se montre pas particulièrement hostile pour l’instant, mais se met à courir à la suite de ses proies, accélérant la cadence jusqu’à atteindre rapidement une vitesse de pointe, au moins égale à celle de son créateur… c'est-à-dire quasi supraluminique. En un instant, Le Rouge et Vladimir sont dépassés par un courant d’air chromé et le clone se retrouve d’un coup en face d’eux, avec cinq ou six mètres d’avance, leur barrant à nouveau la route.

(Vladimir) : Merde, mais c’est pas vrai !!

La créature chromée écarte les bras, et ceux-ci s’étendent alors jusqu’aux murs adjacents, avant de s’étirer de haut en bas comme deux rideaux se déroulant.  Le Rouge fronce les sourcils, comprenant instantanément ce qui est en train de se jouer.

(Le Rouge) : Il veut créer un mur pour nous barrer le passage. Professeur Morlan, écartez vous.

Vladimir fait instinctivement deux pas en arrière, laissant son allié de fortune passer devant lui pour courir à toute vitesse en direction du mur de mercure qui est en train de se former. Le gantelet métallique de Le Rouge se ressert en un poing d’acier terrifiant autour duquel l’air se met à onduler, comme s’il était chauffé à blanc. L’aura se met à tourbillonner autour de l’avant bras du combattant, qui l’abat violemment dans l’une des petites zones encore non refermées du mur chromé. Une seconde après, le mercure achève de se solidifier. Le clone a entièrement disparu, et à sa place se tient à présent un mur argenté parfaitement lisse dans lequel le gantelet de Le Rouge est enfoncé, visiblement immobilisé. Vladimir affiche une mine surprise face à ce spectacle.

(Vladimir) : C’est malin ! Comment va-t-on vous tirer de là maintenant ?

Le Rouge ne répond rien. Les yeux fermés, il affiche une mine parfaitement sereine, comme s’il concentrait sa pensée au maximum. D’un seul coup, un léger grondement se fait entendre, et une onde de choc circulaire, provenant du point d’entrée du bras de Le Rouge dans le mur, retentit violemment au travers de celui-ci. Instantanément, le métal éclate en mille morceaux autour de ce point d’impact, la violence de cet effondrement faisant tomber en miettes toute la structure. Vladimir voit une sorte de tornade brûlante, quasiment impalpable, tournoyer autour du gantelet de Le Rouge, avant de finalement s’atténuer, s’enroulant progressivement autour de lui, de plus en plus près, jusqu'à disparaître.

(Le Rouge) : Allons-y, avant qu’il ne se reconstitue.

Bouche-bée, Vladimir se contente d’opiner du chef avant d’emboîter le pas de son puissant allié qu’il regrette alors d’avoir mésestimer.

Dans un autre couloir du QG de l’Aritark, Rillian et Quicksilver sont en train de se diriger vers l’aile dans laquelle se situent leurs proies respectives. L’homme de main de la Ligue Noire tempère visiblement sa vitesse de déplacement pour que le garde chromatique puisse le suivre sans trop de difficultés, mais les deux combattants affichent tout de même une course à la vitesse plutôt incroyable. Soudainement, Quicksilver affiche une légère grimace de surprise et marque un arrêt, posant un genou au sol et sa main gauche contre sa tempe. Il pousse alors un râle de désagrément.

(Rillian) : Que se passe-t-il ?

(Quicksilver) : Ils ont passé mon clone et lui ont fait subir de lourds dommages.

Rillian secoue légèrement la tête, ne saisissant pas l’expression légèrement alarmée prise par Quicksilver. Celui-ci se redresse et pousse un soupir.

(Quicksilver) : Je vous avais dis que c’était à double-tranchant, non ? Je subis une partie des dégâts perpétrés sur mes clones lorsque ceux-ci rejoignent mon corps. Je risque de déguster quand celui-là me reviendra.

(Rillian) : Je comprends. Le Rouge est capable d’en venir à bout sans difficulté et les dégâts qu’il produira sur eux seront, au bas mot, considérables. Inutile de risquer votre vie pour tenter de les stopper. Contentez vous de le suivre avec vos clones pour l’instant, histoire qu’on ne les perde pas.

Quicksilver hoche la tête avant de se redresser et de reprendre la course, portant son comtalk à son oreille tout en continuant la poursuite.

(Quicksilver) : Monsieur Dalan, il semblerait que Vladimir soit épaulé par quelqu’un… et cette personne n’est pas à sous-estimer. Il faut croire que votre ami sait s’entourer. Il va vous faire le coup à chaque fois ?

(Dalan) : Épargnez-moi vos simagrées, Quicksilver. Activez votre balise GPS et tentez au moins de retenir Morlan. Je vous envoie du soutien. Ils auront un cadeau pour notre ami…

(Quicksilver) : Compris.

Et sans ajouter un mot de plus, Quicksilver coupe la communication.

Le Rouge jette un œil par-dessus son épaule, constatant que le mur de mercure s’est reconstitué sous forme humaine, et a recommencé à les suivre, ne témoignant pas, pour l’instant, d’intentions néfastes à leur encontre. Soudain, son attention semble être attirée par une autre approche, venant d’au-delà du mur.

(Le Rouge) : Ils sont quasiment sur nous.

Le Rouge plisse les paupières avant de tourner la tête vers Vladimir, attirant son attention par ce mouvement.

(Le Rouge) : On va devoir couper court, professeur Morlan. Tenez-vous prêt.

(Vladimir) : Hein ?! Prêt à quoi ?

Et sans ajouter un mot de plus, Le Rouge se contente de saisir Vladimir entre ses bras, les deux continuant leur course effrénée de manière déséquilibrée. Puis le membre de la DERIBEDO semble concentrer son aura dans l’ensemble de son corps, Vladimir pouvant l’observer à l’œil nu, dansant tout autour de lui, étrange vapeur ondulante ne produisant pourtant aucune chaleur, aucune sensation particulière au toucher. Et d’un coup, Le Rouge se jette de tout son poids en direction du mur adjacent, relâchant son aura tout autour de lui. Ce-dernier prend alors la forme d’une sphère parfaite, entourant les deux hommes enlacés, et toute matière solide entrant en contact avec celle-ci est littéralement pulvérisée. La force tourbillonnante de l’aura fait voler le mur d’enceinte en éclat. Vladimir a vaguement conscience de passer au travers d’une pièce puis d’un second mur avant de sentir l’air frais de l’extérieur envahir ses poumons. Son champ de vision est réduit, car tout n’est que chaos et fracas autour de lui : morceaux de plâtre, de bois et de béton s’entremêlant, éclatant et volant en tous sens. Le temps semble entrer en suspension pendant une seconde, puis soudain un choc violent se fait ressentir sous lui, le décrochant de l’emprise de Le Rouge. Le réploïde est catapulté sur le côté, faisant plusieurs tonneaux douloureux au sol avant de finalement s’immobiliser à plus de dix mètres du point d’impact de l’ex-garde chromatique. Étourdi et endolori, Vladimir se redresse pour constater qu’il se trouve à présent sur le parking extérieur du QG de l’Aritark. Dix mètres devant lui, Le Rouge se redresse avec difficulté d’un cratère formé dans le sol par la puissance de son aura. Le mur d’enceinte du QG a prit un sacré coup : la paroi est arrachée sur quasiment trois mètres d’envergure au niveau du deuxième étage, et la pièce qu’on entraperçoit de l’extérieur est complètement dévastée. Une sacrée chute, quoiqu’il en soit, et une expérience très surprenante, en plus d’être particulièrement désagréable. Vladimir fait quelques pas en direction de Le Rouge, se rendant compte à chacun de ceux-ci que son corps lui fait mal absolument partout.

(Vladimir) : C’était très pratique mais je vous en prie… ne refaites plus jamais ça. Ou du moins pas avec moi.

Le Rouge hoche brièvement la tête. Le combattant a l’air particulièrement lessivé. Il a du mal à retrouver son souffle et son corps est recouvert de sueur.

(Le Rouge) : Ne vous en faites pas… je risque d’avoir… du mal… à refaire ça… avant un moment…

(Vladimir) : Ne perdons rien du temps que ça a pu nous faire gagner alors. Ça n’a pas l’air de vous avoir laissé très en forme.

Le Rouge esquisse une vague grimace douloureuse qui tente tant bien que mal de passer pour un sourire plaisant.

(Le Rouge) : C’est le moins… qu’on puisse dire…

Le Rouge se redresse alors douloureusement, étirant les muscles de son dos. Un craquement sinistre se fait entendre, faisant grimacer Vladimir. Néanmoins, le membre de la DERIBEDO semble retrouver un peu d’énergie.

(Le Rouge) : Bien. Il y a une auberge à quelques rues d’ici, au-delà de la zone industrielle, direction Nord-Est. Elle s’appelle l’Épine Bleue.

(Vladimir) : Heu… il me semble que je connais. Mais pourquoi me dites-vous ça maintenant ?

(Le Rouge) : Parce que je n’ai pas pu nous faire gagner assez de temps. Deux de mes amis se trouvent là-bas. Demandez Madner… dites-lui que je vous envoie. Il saura vous protéger, quoiqu’il arrive.

Vladimir fronce les sourcils, visiblement mécontent des paroles prononcées par Le Rouge.

(Vladimir) : Au lieu de bavasser, vous feriez mieux de courir avec moi jusque là-bas alors.

Le Rouge, manquant visiblement de patience, agrippe Vladimir par l’épaule et le repousse violemment en direction de la sortie du parking.

(Le Rouge) : Ne jouez pas aux idiots et faites ce que je vous dis pour le moment. Je vais tenter de vous faire gagner assez de temps pour vous mettre en sûreté. Partez maintenant. Et n’oubliez pas : il s’appelle Madner.

Vladimir reste un instant interdit, ne comprenant pas trop pourquoi Le Rouge apparaît soudainement si inquiet. Puis tout à coup, il entend une sorte de grondement sourd provenant de l’intérieur, et instinctivement il ressent le danger et commence à courir, avant de se retourner encore une fois en direction de son nouvel allié. Celui-ci lui fait un signe de tête.

(Le Rouge) : Partez, allez !!

Voyant que cette fois-ci le professeur est bien parti pour courir sans s’arrêter, Le Rouge se retourne pour faire face au QG de l’Aritark, époussetant brièvement  son pantalon de deux-trois coups de ses gantelets métalliques.

(Le Rouge) : J’ai assez fui comme ça.

Le Rouge se campe sur ses jambes, faisant cliqueter ses doigts métalliques les uns contre les autres. Un léger grondement se fait entendre depuis les entrailles déchiquetées du deuxième étage du QG de l’Aritark. D’un mouvement tendu de ses mains, Le Rouge fait sortir ses griffes acérées dans un claquement bref et intense. Au même instant, une silhouette jaillit avec puissance du trou pratiqué dans le mur du bâtiment, soulevant au passage un faible nuage de poussière. Elle tombe directement sur Le Rouge, forçant celui-ci à pivoter sur son pied d’appui avant de finalement rabattre ses griffes de manière précise et méticuleuse droit sur sa cible au moment où elle touche le sol. Un bref choc se fait entendre et c’est Rillian qui apparaît devant Le Rouge, contrant son attaque directe en lui bloquant les poignets des deux mains. Derrière ses sombres lunettes de soleil, un regard dur mais imperceptible apparaît à la vision de celui qu’il a tant recherché. Son visage n’exprime rien, si ce n’est un détachement des plus absolu.

(Rillian) : Le Rouge. J’ai été longtemps sur tes traces. Tu devines pourquoi, j’imagine.

(Le Rouge) : Je savais que ce moment arriverait, Le Blanc… bien que j’ai tout fait pour en retarder l’échéance.

Une autre forme tombe lestement depuis l’ouverture pratiquée dans le mur. Quicksilver se redresse, jetant un regard méprisant en direction de Le Rouge.

(Quicksilver) : Où est Morlan ?

(Le Rouge) : Vous comptez vraiment sur moi pour vous le dire ?

Quicksilver pousse un soupir mêlé d’un ricanement moqueur, tirant sa veste par les rebords afin de la replacer correctement sur ses épaules.

(Quicksilver) : A deux nous aurons facilement les moyens de te faire parler.

Rillian tourne légèrement la tête en direction de Quicksilver, s’arrangeant pour pouvoir le voir du coin de l’œil tout en gardant son attention focalisée sur Le Rouge.

(Rillian) : Ce ne serait pas si simple, même à deux, croyez moi. Votre professeur Morlan ne peut pas être bien loin, mais ça peut changer si vous perdez du temps ici.

(Quicksilver) : Le temps qui me manque, c’est celui qui me sépare du moment où mon clone voudra me revenir. Tout ça à cause de ce saltimbanque.

Une haine clairement visible apparaît dans le regard que porte Quicksilver à Le Rouge, mais il ne trouve pas d’écho dans les yeux de ce-dernier. En effet, il apparaît calme, concentré, serein et détendu malgré sa situation inconfortable. Finalement, l’homme de la Ligue Noire décide de ne pas perdre plus de temps et se lance à la vitesse de l’éclair en direction de la sortie du parking.

(Rillian) : Dans quel pétrin es-tu venu te fourrer ?

(Le Rouge) : Ce n’est pas le problème. Le professeur Morlan est suffisamment malin pour pouvoir tenir à distance cet homme dont il connaît les extraordinaires facultés.

(Rillian) : Tu t’inquiètes encore pour cet homme malgré la situation dans laquelle tu te trouves ?

(Le Rouge) : Est-elle si grave ?

Pour la première fois, un léger sourire se dessine sur le visage de Rillian. Les deux hommes sont toujours figés dans la même position : les corps arqués vers l’avant, les poignets métalliques de Le Rouge entre les mains de Rillian.

(Rillian) : Tu le sais très bien… sinon, pourquoi aurais-tu tenté une attaque préventive au moment où je t’ai rejoins ?

(Le Rouge) : N’était-ce pas toi qui attaquait le premier ?

Sentant que la discussion est en train de tourner à une tonalité un peu trop amicale, Rillian fait disparaître son sourire, prenant un air plus grave encore qu’à l’accoutumée.

(Rillian) : Au nom des lois qui régissent le Saint Ordre de la Garde Chromatique d’Adra’Haar, j’officialise ton arrestation au nom de sa Seigneurie l’Archimage Auri’Ehl.

(Le Rouge) : Je ne veux pas me batte contre toi, Le Blanc…

Face à la mine sincèrement attristée de Le Rouge, Rillian exerce une pression plus forte sur les poignets de métal de celui-ci, les faisant crisser entre ses doigts.

(Rillian) : Alors tu n’as qu’à te rendre.

Le Rouge fronce alors les sourcils, tout en conservant un air dépité mais néanmoins plus combatif.

(Le Rouge) : Je ne reconnais plus ces lois comme étant les miennes. Et j’ai des choses trop importantes à faire pour me rendre à ta « justice ». Deux bonnes raisons pour rejeter ta proposition.

Et soudain, Le Rouge fait jaillir son aura au niveau de ses bras, réussissant à surprendre son adversaire par la rapidité à laquelle il le matérialise. Sa force décuplée, il écarte les bras, détachant sans mal ses poignets de l’emprise de Rillian, avant de faire un bond en arrière pour se mettre hors de sa portée. Rillian fronce les sourcils, son air dur se raffermissant encore plus, si tant est que ce soit possible. Son aura brûlant jaillissant de ses épaules jusqu’au bout de ses doigts, il se jette à l’encontre de son adversaire avec une précision et une vitesse effrayantes…

Chapitre 158 Chapitre 160

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