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Sorti le 20/04/2011, compilé dans le Volume 18

Histoire :

Rillian débouche sans aucune difficulté sur le couloir menant à la salle de l’unité de confinement Gama-B. Le personnel a terminé d’évacuer les lieux, tant et si bien qu’un silence de mort règne dans tout le QG de l’Aritark… sauf au niveau de la porte blindée que Morlan a précédemment verrouillé, car Quicksilver est en train de se déchaîner contre celle-ci. Son bras, transformé en une longue lance de mercure solidifié, à la pureté irisée et à la pointe aussi fine que tranchante, se plante avec une violence inouïe dans la porte, parvenant à s’y enfoncer un peu plus à chaque coup. Rillian soulève un sourcil à la vue de ce spectacle, visiblement surpris par les pouvoirs développés par Quicksilver. Celui-ci remarque sa présence au moment même où il apparaît à l’embouchure du couloir et se retourne vivement vers lui dans une attitude agressive. Rillian tend ses deux mains devant lui dans un mouvement pacifique.

(Rillian) : Du calme. Je suis à la recherche de quelqu’un qui se serait apparemment enfermé dans cette salle.

Quicksilver fronce les sourcils, restant sur ses gardes. Rillian fait quelques pas vers lui, mais l’homme de main de Dalan tend sa lance de mercure droit devant lui, intimant ainsi à son interlocuteur l’ordre de ne pas avancer plus loin.

(Quicksilver) : Si ce que vous dites est vrai, alors nous cherchons la même personne.

(Rillian) : Ça m’étonnerait.

(Quicksilver) : Dans ce cas, vous faites fausse route, car il n’y a que ma cible qui se soit enfermée là-dedans.

Et sans ajouter un mot de plus, Quicksilver se retourne et fait à nouveau parler son bras-lance à la puissance et la vitesse incroyable. Le métal lourd qui compose la porte blindée crisse sous le frottement surpuissant de la lame, crachant une gerbe d’étincelles. Quicksilver a encore gagné quelques centimètres sur cet assaut. Rillian croise calmement les bras, faisant preuve d’un sang froid à toute épreuve.

(Rillian) : Je ne sais pas trop ce qui se passe ici, mais vous avez l’air de vouloir récupérer ce Morlan, n’est ce pas ? J’ai de bonnes raisons de croire qu’il est lié à l’homme que je recherche.

Cette fois Quicksilver ne se retourne même pas, relançant son attaque perforante d’un nouveau mouvement terrifiant.

(Quicksilver) : Et qu’est ce que je suis sensé en avoir à faire ?

(Rillian) : Si vous attrapez votre cible, je maximise mes chances de tomber sur la mienne. Je vais vous aider à défoncer cette porte.

Quicksilver s’arrête dans son mouvement et se retourne vers son interlocuteur, un fin sourire ironique imprimé sur le visage.

(Quicksilver) : Sans vouloir remettre en cause vos éventuelles compétences, je crois bien que vous ne pourrez pas faire grand-chose de plus efficace que mon approche actuelle.

(Rillian) : Contentez vous de faire ce que je vous dis, et nous ferons céder cette porte d’un seul coup.

A l’intérieur de la salle Gama-B, Vladimir est prostré, la tête dressée vers l’écran principal qui affiche une information visiblement terrifiante. Le Rouge lui-même, malgré ses faibles connaissances dans les domaines technologiques, a l’air de saisir l’importance stupéfiante de ce qui vient d’être découvert par le professeur.

(Le Rouge) : Ce n’est pas… ce que je pense, n’est ce pas ?

(Vladimir) : Il semblerait pourtant bien, si…

L’écran affiche les données, les plans, les images, les rapports, et les graphiques d’un projet visiblement achevé, de l’Aritark. Sous le nom de code « RealAritark » se révèle finalement la véritable apparence de cette organisation : une station spatiale en orbite, munie d’une batterie d’armes dernier cri, le tout fonctionnel, opérationnel, et visiblement immense. Le QG en surface dans lequel se trouve actuellement le duo n’est qu’un misérable leurre pour faire écran à la société… les réelles activités de l’Aritark se trouvent au-delà de Kiren, dans un environnement technologique en avance de quasiment un siècle sur le reste du monde.

(Vladimir) : Comment est-ce possible ? Même avec le soutien de la Ligue Noire, jamais Lexus n’aurait eu le talent, les connaissances, et encore moins les moyens de…

Et soudain, Vladimir se fige et son teint vire au blême le plus maladif tandis que se révèle à ses yeux un détail pouvant passer pour anodin… mais qui prend ici tout son sens : le logo, apparaissant en de multiples endroits de cette base spatiale, de la société Techma-1.

(Vladimir) : Ça n’a aucun sens… ce n’est pas logique…

(Le Rouge) : Qu’est ce qui se passe ? Vous avez vu quelque chose qui…

Mais soudain Le Rouge s’arrête, tous ses muscles tendus, et son visage se retourne vers la porte. Une chair de poule clairement visible se dresse sur l’ensemble de son épiderme. Tous ses sens en alerte, il a l’air de ressentir quelque chose de familier, émanant depuis l’autre côté du sas blindé.

(Le Rouge) : Non… il m’a retrouvé.

Vladimir lui lance un regard intrigué, prêt à lui demander de quoi il parle, mais Le Rouge n’attend pas une seconde de plus, agrippant Vladimir avec une force telle que le professeur, malgré son poids de réploïde, est littéralement soulevé du sol et porté jusqu’à la trappe donnant sur le conduit d’aération. Plus par réflexe qu’autre chose, Vladimir s’y accroche et se hisse jusqu’en haut, non sans témoigner sa surprise.

(Vladimir) : Mais qu’est ce qui vous prend?!

(Le Rouge) : Nous n’avons plus le temps de nous attarder ici. Plus tard les questions.

Et Le Rouge bondit à son tour, se hissant lestement pour prendre la suite de Vladimir dans le conduit. L’air paniqué, il jette encore un regard en arrière, comme si une violente éruption, qu’il aurait été le seul à pouvoir ressentir, venait de jaillir dans son dos. 

Dans le couloir d’accès, Quicksilver ne peut refréner l’expression de surprise qui a envahi son visage au moment où Rillian a laissé parler ses talents. Le corps de celui-ci est à présent entouré d’un aura quasiment palpable s’agitant avec force à la manière d’un incendie balayé par les vents. L’air autour de lui s’agite comme si son corps était aussi brûlant que le sable du désert.

(Rillian) : Tenez vous prêt.

Et Quicksilver hoche la tête, comprenant sans mal ce que son nouvel allié s’apprête à faire. Il place calmement sa lance de mercure dans l’embouchure créée par ses précédents assauts, et prend la peine d’élargir légèrement l’embout opposé avant de bien camper ses pieds au sol et de gainer ses muscles, s’apprêtant à subir l’assaut furieux qui va suivre. Rillian concentre son aura au niveau de sa jambe droite, faisant éclater une véritable tornade autour de celle-ci. Il pousse alors un hurlement furieux avant de se jeter à une vitesse folle en direction de la lance. Son pied droit vient percuter l’embout préparé par Quicksilver avec une telle violence que l’onde de choc fait exploser toutes les fenêtres alentour sur près de dix mètres. Propulsée par la force inimaginable de ce coup de pied surpuissant, la lance perfore la porte blindée comme si elle était faite de beure. Quicksilver profite de cet instant pour imprimer sa propre force à la lance et produire un mouvement ascendant qui tranche le sas net, de haut en bas. Plutôt que de finir découpé, celui-ci explose littéralement sous le coup et est propulsé à l’autre bout de la pièce, éclatant la moitié des consoles tapissant le mur du fond. En un instant, Quicksilver fait reprendre une forme normale à son bras, l’agitant légèrement, comme pour chasser un engourdissement désagréable.

(Quicksilver) : Plutôt impressionnant ce Kaïdechi.

(Rillian) : Merci, mais il semblerait que ces efforts aient été vain.

En effet, la fumée âcre provoquée par l’éclatement de la porte et l’explosion des écrans de gestion commence à se dissiper, dévoilant une pièce vide de toute vie. Quicksilver serre le poing dans un mouvement rageur.

(Quicksilver) : C’est impossible, cette salle n’a pas d’issue !!

(Rillian) : Il était ici, je sens les effluves de son aura.

(Quicksilver) : Votre cible ? Il n’a pas pu rentrer ici, je vous l’ai dis. Il n’y avait pas d’autre accès. A moins que…

Et instinctivement, les deux associés de fortune lève la tête pour constater l’ouverture faite dans la conduite d’aération. Un mince sourire se dessine sur les lèvres de Quicksilver, qui ne trouve pourtant pas d’écho sur le visage de Rillian.

(Rillian) : Ils sont passés par là… mais ces conduits peuvent déboucher n’importe où.

(Quicksilver) : Ce n’est pas un problème pour moi.

Et l’homme mercure joint ses deux mains l’une à l’autre avant de les écarter, faisant émerger des filaments de mercure visqueux et épais entre elles. Ce fluide argenté s’écoule alors lentement au sol, prenant assez vite la forme d’une flaque chromée opaque. Quicksilver s’accroupit et effleure la flaque de la main avant de la redresser, amenant le fluide argenté à le suivre dans ce mouvement. Au fur et à mesure que l’homme de main de la Ligue Noire se redresse, le mercure qu’il manie s’agite, prenant rapidement une silhouette humaine : deux bras se séparent de la membrane principale, qui se scinde à sa base pour former des jambes, puis s’affine en son bout, prenant la forme d’une tête. Quicksilver rompt le contact avec sa sculpture, et dans une sorte d’effet d’aspiration, celle-ci imprime soudainement sur sa structure tous les détails visuels de l’apparence de son créateur. Un deuxième Quicksilver, entièrement constitué de vif argent, a prit forme. Sans perdre un instant, le clone se jette dans la bouche d’aération, reprenant imperceptiblement une forme liquide pour favoriser ses déplacements et accélérer la poursuite.

(Quicksilver) : Il se scindera à chaque embranchement. Ainsi nous serons sûrs de les rattraper. Tenons-nous prêts à intervenir lorsque l’un de mes clones me signalera quelque chose.

(Rillian) : Et vous trouvez mon Kaïdechi impressionnant ?

(Quicksilver) : Ça ne pare qu’au côté pratique. Ces clones ne sont pas très solides, et il y a un contrecoup qui peut s’avérer fatal. Ne restons pas ici.

Et d’un mouvement commun, les deux combattants quittent la salle par l’ouverture béante qu’ils ont eux-mêmes pratiqué.

Une plaque d’aération vole au sol dans un bruit retentissant, laissant Vladimir retomber lourdement au sol. Le professeur reprend son souffle tandis que Le Rouge s’extraie à son tour de la bouche d’aération, retombant avec légèreté et grâce aux côtés de son nouvel allié.

(Vladimir) : Enfin un peu d’air.

(Le Rouge) : Malheureusement, nous devons nous hâter. Redressez-vous, Vladimir.

Tandis que Le Rouge remet le nouveau réploïde sur pied, celui-ci ne peut s’empêcher de lui jeter un coup d’œil en coin.

(Vladimir) : Vous connaissez mon nom… mais ce n’est pas réciproque.

(Le Rouge) : Mon vrai nom importe peu, mais vous pouvez m’appeler Le Rouge.

Vladimir hoche la tête, tentant de ne pas s’arrêter sur l’originalité affirmée d’un tel patronyme.

(Vladimir) : C’est une chance que vous soyez passé par là en tout cas… même si je crois me souvenir que vous aviez besoin de moi ?

(Le Rouge) : Nous n’avons malheureusement pas de temps à perdre en explications pour l’instant… et c’est de temps que je vais avoir besoin pour vous faire comprendre l’importance de ma présence auprès de vous.

Vladimir hoche la tête, commençant à marcher vers la sortie de la salle de service dans laquelle ils viennent de déboucher. Des vestiaires occupent les murs, et des bancs rudimentaires en acier servent de point de rupture au centre de la salle. Il s’agit visiblement des vestiaires des employés.

(Vladimir) : Je crains malheureusement de devoir répondre à d’autres obligations importantes. Vous l’avez vu par vous-même, cette horreur… une station spatiale de combat. Comment mon organisation a-t-elle pu être à ce point détournée de son but premier ?

Le duo franchit la porte. Le Rouge jette un coup d’œil de gauche à droite avant de commencer à avancer, ne faisant pas tout de suite attention au bruit sourd et étrange provenant de derrière eux.

(Le Rouge) : C’est ce qui pend au nez de l’humanité. Des hommes de pouvoirs peuvent se permettre de mettre sur pied des projets visant à la simple annihilation de la vie. Que ce soit du côté des technopartisans ou des pro-mages, il n’y a aucune nuance. Je sais que vous n’êtes pas responsable.

(Vladimir) : Dans ce cas vous devez comprendre qu’il est de mon devoir de mettre un terme à tout ceci. Même si je n’étais qu’un rouage dans l’engrenage de cette folie… j’en reste l’initiateur… du côté de l’Aritark, comme de Techma-1, visiblement.

(Le Rouge) : Croyez moi, si votre but est de sauver des vies, vous aurez de quoi faire en me venant en aide. Mais du reste, je comprends l’imminence du danger représenté par ceux contre qui vous luttez.

Et à ce moment là, le bruit sourd qui a gagné en netteté au fur et à mesure que les deux fuyards progressaient prudemment dans le couloir en discutant, se fait soudaine entendre à leurs oreilles. D’un geste commun, Vladimir et Le Rouge se retournent, l’air légèrement paniqués. La porte encore ouverte sur les vestiaires qu’ils viennent de quitter donne une vue centrée sur l’abîme noir de la bouche d’incendie par laquelle ils sont sortis… et le bruit sourd vient de là… celui d’une chose rampante, s’écoulant, bruyante et rapide, dans le conduit, de plus en plus proche. Le temps d’un regard échangé entre eux, et les nouveaux alliés peuvent voir jaillir une cascade argentée depuis la bouche d’aération. Celle-ci éclate littéralement dans l’espace du vestiaire, roulant sur elle-même jusqu’à se recomposer en la forme d’un clone chromé de Quicksilver.

(Le Rouge) : Qu’est ce qu… ?

(Vladimir) : Non !! C’est lui… Il nous tient !

Courant dans le couloir de l’aile principale du QG, dans le but de se recentrer par rapport à toutes les directions possibles vers lesquelles inspecter, Quicksilver se fige soudainement, intimant un mouvement similaire chez Rillian. Un sourire sadique se dessine alors sur le visage de l’homme mercure.

(Quicksilver) : Ça y est, je les ai repéré. Il y a bien quelqu’un avec Morlan.

Et les énormes poings de Rillian se serrent, tremblants de colère et d’excitation.

(Rillian) : Le Rouge… !!

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