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Téléportation

Sorti le 24/12/2010, compilé dans le Volume 17

Histoire :

Phrysin fait tournoyer son épée avec aisance dans sa main, jusqu’à saisir la poigne à l’envers, pivotant la grosse lame vers le bas, à la manière d’un poignard. Son autre main agrippe le manche de la seconde arme, restée dans l’étui fixée à l’arrière de sa ceinture, sous le tissu molletonné de couleur orange. Il plisse les yeux, ce qui ne change pas grand-chose à son attitude blasée, mais lui donne un air un peu plus agressif. L’épée à lame courte, jumelle à l’autre, fait son apparition au grand jour, son tranchant faisant crisser la bordure de cuir de l’étui. Mortis est resté de marbre face à cette démonstration d’agressivité, figé dans sa position de défense, la pointe de sa lance fixée en direction du poitrail de son adversaire.

(Phrysin) : Toujours pas envie de me suivre ?

Mortis penche légèrement la tête sur le côté, ne répondant rien, comme s’il invitait l’archéologue à se lancer dans le combat sans plus de politesses. Ce-dernier répond si bien à cette demande que, faisant tournoyer ses lames avec une grande dextérité, il se retrouve d’un pas précis au-delà de la garde de Mortis, presque contre lui. Les deux lames tombent d’un mouvement descendant, prêtent à trancher dans les deux épaules de l’assassin masqué.

(Mortis) : Risible. Où as-tu appris à te battre ?

Mortis se laisse alors glisser au sol à grande vitesse, comme s’il avait été placé sur une plaque de verglas, et son corps s’écoule avec une grâce inouïe entre les jambes de son adversaire. Sans aucun effort, comme si son corps était d’une flexibilité à la limite du contorsionnisme, il se redresse dans le dos de son adversaire alors que les deux armes de celui-ci percutent le sol dans un grand fracas. Phrysin n’a pas le temps de se retourner que la lance de l’assassin vient lui faucher les jambes, le faisant valser au sol comme une vulgaire crêpe. Mais l’archéologue s’appuie sur les manches de ses deux épées, toujours plantées dans le sol, et profite de ce déséquilibre pour propulser ses deux jambes en direction de Mortis. Les pieds frappent de plein fouet le masque de l’assassin qui est projeté en arrière sous la violence du choc. Cependant, loin de se laisser abattre par cette cabriole, Mortis se met lui aussi au jeu des acrobaties, se réceptionnant sur les mains avant de faire plusieurs roues enchaînées pour s’éloigner de près de cinq mètres de son adversaire. Celui-ci n’a même pas le temps de retirer ses armes du sol que l’assassin masqué est déjà reparti à l’assaut, faisant tournoyer sa lance avec une grande dextérité. La pointe de celle-ci virevolte littéralement, puis s’abat avec la puissance et la vitesse d’attaque d’un cobra, directement vers le cœur de Phrysin. Celui-ci se laisse alors tomber au sol à genou, tendant sa tête en arrière, visage relevé vers le ciel, pour éviter la lame qui lui frôle les cheveux de moins d’un millimètre. Les mains toujours agrippées aux poignets de ses épées, Phrysin les retire du sol dans un mouvement de courbe, avant d’en lancer une directement contre Mortis. Celui-ci est forcé de pivoter sur le côté pour éviter la lame, et ne peut qu’entrevoir la disparition furtive de son adversaire dans un écrin de fumée noir et opaque. Il réapparaît instantanément trois mètres plus loin, rattrapant au vol, d’une main assurée, son épée par le manche. Mortis hoche doucement la tête en poussant un ricanement.

(Mortis : Je crois que je dois retirer ce que j’ai dis.

(Phrysin) : Et éventuellement repenser à ma proposition ?

Le rire de Mortis se fait alors plus franc, presque dédaigneux et provocateur. Il apparaît clair qu’il éprouve beaucoup de plaisir à ce combat.

(Mortis) : Ouai, c’est ça. Je vais y repenser tout de suite !!

Mortis se lance alors d’une simple impulsion en direction de son adversaire, sa lance pointée vers l’avant comme une dangereuse extension de son propre corps. Phrysin se jette sur le côté pour esquiver l’assaut mais l’assassin a deviné son mouvement et pivote sur lui-même, faisant tournoyer son arme pour tenter de faucher son adversaire au ventre. Phrysin se protège d’une de ses lames, profitant d’avoir bloqué le mouvement de Mortis pour tenter de l’atteindre de son autre arme. L’assassin redresse alors son poignet libre, en faisant jaillir sa lame cachée dans un crissement métallique et l’épée de Phrysin se retrouve instantanément bloquée par celle-ci. Mortis prend alors appuie sur les bras de son adversaire, bloqué dans sa position, pour se lancer en une habile pirouette, ne manquant pas au passage de lui assener un monstrueux coup des deux pieds dans le visage. Phrysin est littéralement projeté contre le mur et a à peine le temps de voir venir le nouveau coup de lance, d’une vitesse fulgurante. La pointe traverse la brique comme du beurre, mais ne touche pas Phrysin : face à Mortis, il n’y a plus qu’une vaporeuse fumée noirâtre qui disparaît progressivement sur elle-même. L’assassin tourne alors instinctivement la tête sur le côté et ramène sa lance en position défensive, arrachant au passage une belle portion de mur. Mais un poids brusque atterrit alors sur la pointe de cette-dernière, la clouant au sol. Le pied de Phrysin maintient fermement la lame contre le sol, le reste de son corps apparaissant au même moment dans un nuage de fumée noire.

(Mortis) : Intéressant ton tour de passe-passe, je vais vraiment finir par y croire. Mais je commence sérieusement à manquer de temps.

La lame cachée de Mortis fend l’air, droit vers la gorge de son adversaire qui est alors obligé de reculer de quelque pas, délestant de ce fait la lance de son poids. Mortis la redresse immédiatement, fonçant vers sans la moindre once d’hésitation. Celui-ci redresse alors ses lames pour se défendre, mais l’assassin bifurque au dernier moment dans l’autre direction, laissant son adversaire sur place. Mortis se propulse d’un pied sur le mur, se projette en l’air et passe au travers d’une fenêtre située un peu plus haut, sur la façade d’en face. Phrysin, prit de court, reste un instant interdit et hébété, avant de secouer la tête pour bondir à son tour et atteindre la fenêtre brisée. Mais une fois dans la petite chambre ainsi atteinte, il a à peine le temps de voir Mortis refermer la lourde porte de bois à clef juste devant son nez. L’archéologue est donc forcé de freiner dans son élan pour ne pas prendre le cadre de bois massif en plein dans le nez. Phrysin pousse un soupir tout en rangeant précautionneusement ses deux épées dans les étuis destinés à les contenir.

(Phrysin) : C’est inutile, les portes ne m’arrêteront pas…

Le membre de la DERIBEDO redresse alors sa main au dessus de sa tête pour faire apparaître la sphère noire qui l’englobe tout entier, le faisant disparaître de l’environnement de la chambre en une projection de particules noires. La sphère se rouvre alors de l’autre côté de la porte, laissant Phrysin jaillir aux côté d’un Mortis visiblement surpris, malgré l’impossibilité de percevoir ses expressions derrière son masque d’un blanc pur. La cape orange vif de Phrysin est le dernier élément à apparaître au milieu de la fumée noirâtre, celle-ci disparaissant rapidement pour laisser flotter le tissu au gré du courant d’air qui traverse le couloir.

(Mortis) : Intéressant.

Phrysin hoche la tête, essayant de laisser apparaître une expression plus optimiste malgré son regard blasé.

(Phrysin) : Merci beaucoup. Toi aussi, tu m’impressionnes ! J’aime ta vigueur !

Sentant instinctivement qu’il n’y a plus réellement d’agressivité dans l’attitude de son interlocuteur, Mortis laisse la tension qui animait jusqu’à présent ses muscles se relâcher, et ramène sa lance contre son corps, ne présentant ainsi plus aucune volonté guerrière manifeste. Phrysin, ne se montrant pour autant pas dupe, garde une certaine distance de sécurité avec l’assassin, semblant se douter qu’en une demi-seconde celui-ci peut repartir à l’assaut et le mettre aisément en pièces, maintenant qu’il n’a plus aucune arme pour assurer sa défense.

(Phrysin) : Tu sais, tu n’as pas à craindre de me suivre. Ce n’est pas la mort qui t’attend au bout de chemin… mais quelque chose qui peut s’avérer bien plus lucratif.

Mortis apparaît soudain nettement plus intéressé, ramenant totalement sa lance derrière lui, et se tenant bien droit. Phrysin pousse un léger soupir, quasiment inaudible, témoignant de son soulagement à voir son interlocuteur quitter son attitude légèrement farouche.

(Mortis) : C’est que tes méthodes de persuasion ne me mettent pas tellement en confiance, vois tu.

Phrysin hausse doucement les épaules, semblant vouloir se décharger de toute forme de culpabilité par ce simple geste.

(Phrysin) : Oh ça… Je n’ai rien à gagner à te tuer, tu sais. Bien au contraire. De toute manière, je ne pourrai jamais tuer un être d’exception comme toi.

(Mortis) : De la flatterie maintenant ? Ce n’est pas comme ça que tu arriveras à tes fins.

Phrysin tend ses deux mains vers l’avant, agitant ses index redressés pour contredire ce que Mortis vient d’avancer.

(Phrysin) : Loin de là !! Je dis ça parce que tu es vraiment unique. Tu es le seul et unique représentant du Signe du Masque sur cette terre. Moi et mes compagnons avons vraiment envie que tu accepte de nous venir en aide. Réfléchis encore une fois à ma proposition, s’il te plaît.

C’est au tour de Mortis d’hausser les épaules, mais ce mouvement trahit plutôt son incompréhension face à la situation.

(Mortis) : « Signe du Masque » ? Tes « compagnons » ? Vous « venir en aide » ? Franchement, j’ai beau être du genre flegmatique, j’avoue que je me sens complètement dépassé pour le coup.

(Phrysin) : Je peux tout t’expliquer si tu acceptes de m’accompagner. Ce serait plus sympa que cela se passe de cette manière plutôt que je doive t’assommer et te traîner derrière moi.

Mortis pousse un ricanement légèrement pincé en croisant les bras sur son torse.

(Mortis) : Encore faudrait-il que tu y parviennes.

Phrysin tourne légèrement son visage sur le côté en marmonnant.

(Phrysin) : Là il a carrément pas tort… j’ai pas écopé du plus facile.

Un léger silence s’installe entre les deux, qu’aucun semble ne vouloir rompre. Finalement Mortis, observant que la sortie du bâtiment se trouve derrière Phrysin et que son précieux temps s’écoule, décide de reprendre la parole après s’être légèrement raclé la gorge.

(Mortis) : Mmmh… tu as dis que cette expérience pourrait être lucrative pour moi. Dans cette optique, je peux éventuellement y réfléchir.

(Phrysin) : C’est vrai alors, il n’y a donc rien que l’argent ne puisse acheter ?

Mortis témoigne alors d’une légère impatience se traduisant par une agitation qui pousse Phrysin à se montrer un peu plus sur ses gardes.

(Mortis) : T m’excuseras, mais il n’est pas dans ma nature de me montrer philosophe, et encore moins altruiste.

(Phrysin) : Donc… tu acceptes de m’accompagner ?

Mortis hoche la tête de gauche à droite en signe de négation. Phrysin pousse alors un soupir d’impatience.

(Mortis) : Je te l’ai déjà dit, j’ai quelque chose d’important à faire ici d’abord. Je te propose ceci : je serai à seize heures treize à la place des Sœurs Gorgones. Si tu y arrives à l’heure pile, je te suivrais, d’accord ?

(Phrysin) : Tu n’as pas compris, je n’ai pas le temps d’attendre ! Je veux que tu me suives tout de suite !!

Mortis se raidit à son tour, montrant également des signes clairs d’impatience.

(Mortis) : Et toi tu ne m’as pas compris non plus, je n’ai plus envie de jouer.

Sur ces mots, Mortis lance une petite capsule au sol, qui en éclatant créé immédiatement une vague de fumée opaque et suffocante dans tout le couloir. Phrysin n’a pas le temps de distinguer comment l’assassin s’est enfui, ses yeux pleurant à grosses larmes à cause du nuage artificiel, qui ne se dissipe que quelques secondes plus tard, révélant les habitants morts de peur, attirés dans le couloir par le tumulte des deux étrangers. Phrysin s’essuie les yeux du revers de la manche en toussotant. Il voit les habitants affolés le regarder comme une bête curieuse, mais les ignore totalement, plongeant son regard blasé (et quelque peu rougi) dans le vide.

(Phrysin) : Bon… après tout les autres ne vont pas non plus revenir tout de suite. D’accord, Mortis Sendhremezael, je serai place des Sœurs Gorgones à seize heures treize.

Il balaie alors l’air d’un cercle du bras avant de disparaître dans la sphère noire qui se disperse à sa suite en une fumée sombre et opaque. Les habitants, hébétés, se lancent des regards éperdus sans rien comprendre. Une petite vieille équipée d’un balai s’avance alors, vêtue d’un tablier et portant un chiffon sur la tête.

(Petite vieille) : Et qui c’est qui va encore devoir tout nettoyer, hmm ? C’est bobonne, bien entendu !

Chapitre 144 Chapitre 146

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