Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 140

.:: Chapitre 140 ::.
Puissance conservée

Sorti le 13/11/2010, compilé dans le Volume 16

Histoire :

La pression effectuée par la main d’argent brillante fait basculer Vladimir sous son propre poids. Le professeur, littéralement écrasé au sol, se retrouve le souffle coupé par la force surnaturelle de Quicksilver, qui continue de lui sourire d’une manière énigmatique et féroce. Du flanc de l’homme-mercure jaillie une sorte de tentacule chromée qui se dirige automatique vers le panneau de contrôle de sécurité du laboratoire. Une seconde plus tard, elle a désactivé le protocole de sécurité maximum, laissant la lourde porte sas s’ouvrir. Une dizaine de membres de la Ligue Noire, lourdement armés, font alors irruption dans l’enceinte du laboratoire, projetant leurs ombres agressives sur les multiples accessoires high-tech devenus si familiers à Vladimir au cours de ces derniers jours. Inexplicablement, une nausée gagne le professeur. Un soldat s’approche de Quicksilver, une forme d’appréhension marquée sur le visage… visiblement, il n’a pas l’air d’avoir souvent eu l’occasion de voir les pouvoirs de son supérieur.

(Soldat) : Monsieur Quicksilver, il ne semble y avoir rien d’autre ici.

Quicksilver lui répond sans le regarder, gardant son attention focalisée sur le professeur, comme si celui-ci risquait de s’envoler instantanément sous ses yeux.

(Quicksilver) : Ah oui ? Et le mage de la dernière fois, ainsi que la femme ? Ouvrez l’œil et trouvez les moi.

(Vladimir) : C’est… c’est inutile… je suis seul ici.

Le regard de Quicksilver se reporte à l’écran de contrôle que le professeur avait précédemment activé pour déterminer qui attaquait le laboratoire. L’image bascule d’une caméra à l’autre, jusqu’à montrer la vidéo de surveillance du hangar souterrain… où Samantha s’affaire à ouvrir la porte d’une petite navette privée, croulant sous une épaisse couche de poussière.

(Quicksilver) : Seul, hein ?

Les yeux de Vladimir expriment alors une grande détresse tandis que Quicksilver fait un signe de tête au soldat qui l’avait précédemment abordé. Celui-ci opine du chef et se détourne, faisant un signe de main à ses compagnons. Ceux-ci lui répondent d’un autre signe militaire silencieux, et ils se précipitent vers la porte de service arrière, qu’avaient elles-mêmes empruntées Samantha et Oy quelques minutes auparavant.

(Vladimir) : Non, non !! Elles n’ont rien à voir avec tout ça !! Je me rends, mais laissez-les !

Quicksilver reporte alors sur lui un visage marqué d’un sourire sauvagement ironique.

(Quicksilver) : Vous rendre, professeur Morlan ? Mais je vous ai déjà attrapé.

Dans le hangar de maintenance, une sorte de grand garage rempli d’un fourbi hétéroclite digne du plus mauvais vide grenier, l’atmosphère âcre et poussiéreuse est étouffante. Samantha s’acharne toujours sur la portière de la navette Icarus, recouverte d’un épais duvet de crasse accumulée par les années passées à reposer dans cet environnement mortifère. Oy l’observe d’un air curieux et incrédule, semblant se demander ce qu’essaye de faire sa « mère ». Celle-ci tourne vers elle un regard stressé et inquiet, encore embué de larmes.

(Samantha) : Ne t’en fais pas, ma chérie. Tout ira bien pour ton papa.

Même si Oy n’avait pas l’air de montrer la moindre expression d’inquiétude, elle ne peut s’empêcher de sourire à ce que vient de lui dire Samantha, ce qui n’est visiblement pas la réaction que celle-ci s’attendait à déclencher chez la jeune-fille.
 
(Oy) : Tu as besoin d’aide, maman ?

(Samantha) : Eh bien… un pied de biche ne serait pas de refus, mais si tu n’as rien de tel sous la main, je vois mal ce que tu pourrais faire pour m’aider avec tes petits bras, ma puce.

Oy laisse éclater un petit rire clair auquel répond Samantha par un sourire, essayant visiblement de ne pas céder à la panique. Mais lorsque des bruits de pas multiples et précipités se font entendre dans l’escalier de service menant au garage souterrain où elles se trouvent, la jeune femme n’est plus d’humeur à camoufler sa panique. Son regard se braque presque intuitivement sur la caméra placée dans l’angle supérieur droit de la pièce, qu’elle n’avait pourtant pas remarqué précédemment.

(Samantha) : Oh non, merde !!

Elle s’acharne alors avec plus de force –la force du désespoir- sur la portière du véhicule qui ne cède toujours pas. Oy comprend immédiatement que quelque chose de grave est en train de se produire, et alors qu’elle s’apprête à s’enquérir de la situation, le groupe de soldat fait irruption dans l’espace confiné du garage, pointant les armes sur le duo féminin de manière menaçante.
 
(Soldat) : Eloignez vous de ce véhicule, madame.

(Samantha) : C’est pas vrai !!

Le déclic de la sécurité des armes se fait plus persuasif qu’une simple harangue. Samantha s’éloigne de la portière, les mains en l’air, les lèvres pincées. Le soldat à la tête du groupe pointe alors Oy du bout de son arme.

(Soldat) : Toi aussi. C’est pas parce que tu es une gamine que tu vas avoir droit à un traitement de faveur.

(Samantha) : Fais ce qu’ils te disent, Oy.

Mais l’ancienne machine ne semble pas l’entendre de cette oreille. Figée dans une position contemplative, elle semble être en train de tenter d’analyser clairement la situation. Les soldats font preuve de peu de patience. Toutes les attentions sont tournées vers elle. En quelques instants, la tension est montée d’un cran. Finalement, le regard d’Oy se vide de toute impression de vitalité, devenant un miroir obscur ne reflétant que le vide.
 
(Oy) : Impossible d’obtempérer.

Un courant d’air semble alors se soulever devant les soldats, et Oy disparaît à leurs regards, pour finalement réapparaître juste à côté d’eux, froide, implacable et effrayante de non-vie.

(Soldat) : Qu’est ce qu… ?

Il n’a pas le temps de finir sa phrase que le petit poing de la jeune fille vient s’abattre entre ses deux yeux, lui écrasant le nez comme s’il n’avait été qu’une vieille tomate blette. L’autre main s’empare de son arme, tandis que du pied, elle l’envoi valser contre le mur où il s’écrase dans un choc tonitruant à la violence révélatrice. Il n’en faut pas plus au reste de la troupe pour ouvrir le feu sans autre sommation. Les balles ricochent alors contre le sol, faisant éclater le béton qui le compose… mais Oy n’est déjà plus là.
 
(Oy) : Téléchargement de l’arsenal, niveau 1.

Les regards de tous les soldats se tournent sur leur gauche, là où la voix d’Oy devrait se trouver, mais il n’y a personne.

(Soldat) : Bordel, c’est un fantôme !!

(Soldat 2) : Ne dis pas de conner…

Une nouvelle fois, impossible de finir la phrase. Le spectre fauche la jambe du soldat qui venait de prendre la parole et celui-ci virevolte en l’air et retombe lourdement au sol sur le dos… sa jambe, tranchée nette au niveau de la cuisse, retombant trois mètres plus loin. Hurlement de douleur, suivi d’un hurlement de panique de la part de ses coéquipiers, qui se mettent à tirer tout autour d’eux, visant dans le vide. Samantha, blême d’effroi face à ce spectacle, se plaque au sol pour éviter les balles perdues, et se glisse sous la navette Icarus. Maintenant à l’abri, elle n’est plus en mesure de pouvoir assister à la scène de violence pure qui se déroule à quelques mètres d’elle. L’arme d’un des soldats est arrachée de ses mains par une force invisible tandis qu’un objet lourd s’appui soudainement contre sa poitrine et lui déverse une décharge électrique qui l’assomme sur le coup. Instinctivement, l’un de ses camarades tourne son fusil mitrailleur vers l’arme qui flotte étrangement en l’air, maintenue par une main invisible et fait feu. Un tintement métallique se fait entendre, accompagné d’une gerbe d’étincelle qui se propage le long de ce qui semble être le corps menu et invisible d’une jeune fille.

(Soldat) : C’est un camouflage optique !!

Il n’a pas le temps d’en dire plus que son arme est tranchée en deux d’un seul coup et qu’un choc violent vient lui comprimer la joue droite, le propulsant inconscient au sol. Il ne reste alors plus que deux soldats, qui échangent chacun un regard.

(Soldat) : Il nous faut l’appui de monsieur Quicksilver !!

Et sans demander leur reste, ils font demi-tour, se précipitant vers les escaliers. Seul l’un des deux parvient toutefois à franchir le pallier, l’autre se faisant saisir par les épaules, soulever en l’air et projeter contre le mur adjacent comme s’il n’était qu’une poupée de chiffon désarticulée. Il retombe inanimé au sol, assommé sous le choc.
N’entendant plus le moindre bruit, Samantha quitte le couvert de sa cachette providentielle et se redresse tremblante, contemplant le spectacle de tous ces soldats inconscients qui jonchent le sol. Sous ses yeux, un courant électrique se met à grésiller calmement, tandis qu’Oy réapparaît au grand jour, désactivant son camouflage optique. A la place de son bras gauche se trouve ce qui ressemble à une longue et fine épée de métal brillant. Elle redresse se membre et semble y envoyer une impulsion électromagnétique qui le décompose petit à petit. Les particules minuscules prennent alors une teinte et une composition organique, avant de se réassembler comme un puzzle complexe pour prendre la forme d’un petit bras maigrelet. Un seul soldat est encore conscient, celui qui s’est fait trancher la jambe. Il se tient la cuisse des deux mains en gémissant de douleur. Oy s’accroupit à côté de lui, l’inondant d’une telle terreur qu’il s’urine dessus sans même s’en rendre compte. Le regard glacial de la jeune fille se pose sur son moignon tranché net. D’un geste rapide, elle lui arrache sa ceinture et d’un geste précis, lui applique un garrot à la cuisse. Sous son regard devenu plus surpris qu’inquiet, elle se redresse et se détourne de lui comme s’il n’avait jamais existé.


(Samantha) : Comment est-ce possible ? Tu as conservé tes armes ? Tes capacités nano technologiques ? Mais alors… tu n’es pas totalement humaine ?

(Oy) : Je suis comme un pont entre organisme robotique et organique. Mon corps est celui d’un être vivant, couplé aux aptitudes de la machine que j’ai été.

Une expression de déception est clairement visible dans les yeux de Samantha. Croyant sans doute que c’est à cause de la violence de ses actions, Oy se sent obligée de se justifier sur ce point.

(Oy) : Il n’y a eu aucune perte humaine au court de l’opération.

(Samantha) : Ce n’est pas le problème… mais nous n’avons pas le temps d’en parler. Décoince l’ouverture de la navette et fichons le camp d’ici.

Sans reprendre son expression pleine de vie, ses yeux verts ne reflétant que la plus froide des convictions mécaniques, Oy s’exécute et se dirige vers la portière de la navette, dont elle détruit la sécurité d’une simple pression de la main. Samantha se précipite à l’intérieur.

(Samantha) : S’il te plaît… comporte toi… comme avant.

Et à cette injonction, la vie semble soudainement rejaillir dans le regard de la jeune fille, qui offre alors un charmant sourire à sa « mère ». Celle-ci essaie d’y répondre avec le plus de naturel possible, mais sa crainte est encore nettement lisible. Oy fait le tour et s’assoit du côté passager.

(Oy) : Je suis désolée, maman… ne sois pas fâchée, s’il te plaît. Je voulais seulement t’aider.

(Samantha) : Je sais, mais… écoutes, on en discutera quand on sera sorti de là et… mais d’ailleurs, comment on fait ?

Sans prendre le temps de lui répondre, Oy se met à pianoter sur la mini console portable située au dessus des commandes. Aussitôt, le mur du fond du garage coulisse et laisse apparaître un sas d’accès.

(Oy) : Ca nous mènera à l’autoroute souterraine du Quartier d’Old-Fest.

(Samantha) : Parfait.

(Oy) : Et pour papa ? Je peux encore aller le chercher si tu veux.

Samantha semble hésiter un instant, jugeant des capacités inattendues d’Oy… capacités qu’elle a conservé sciemment au moment de la composition de son nouveau corps. Un acte qu’elle a effectué d’elle-même, sur lequel ni elle, ni Vladimir, n’avait pu interagir…  mais elle hoche la tête de droite à gauche, avec dépit.

(Samantha) : Non, c’est trop dangereux.

Et sans laisser le temps à Oy de protester, elle prend les commandes et la navette Icarus y répond si bien que quelques secondes seulement après, elles ont déjà franchi le portail de sortie.
A l’étage, dans le laboratoire principal, la porte d’accès de service s’ouvre à la volée, laissant apparaître le seul soldat ayant réussit à s’échapper de la furie d’Oy. Le teint pâle, l’air paniqué, il se précipite vers Quicksilver en bafouillant. Celui-ci a reprit une consistance et une couleur normale. Alors qu’il s’apprête à lui attraper le bras pour lui expliquer ce qui vient de se dérouler, il est accueilli par un violent uppercut en pleine mâchoire, qui lui fait faire un soleil. Il retombe lourdement sur le dos, la lèvre fendu, du sang s’écoulant de sa bouche et de son nez. Quicksilver, qui tient toujours fermement Vladimir au sol de son autre main, se penche au dessus de lui.

(Quicksilver) : J’ai tout vu sur l’écran de vidéosurveillance, espèce de lâche.

(Soldat) : Ex…excusez moi, monsieur Quicksilver.

Celui-ci hausse les épaules et lui fait signe de se relever.

(Quicksilver) : Va aider les blessés, au lieu de courir partout comme un imbécile et appelle la base pour qu’ils envoient une unité médicale.

Alors que le soldat détale sous les yeux glacials de son supérieur, celui-ci reporte son attention sur Vladimir.

(Quicksilver) : Vous devez vous sentir très fier de vos nouvelles petites expériences, pas vrai professeur ? Vous pensez sans doute que vous avez gagné parce que vos amies ont pu s’enfuir, mais les arrêter n’aurait été pour nous qu’un bonus, un meilleur moyen de faire pression sur vous afin de bénéficier du réel bénéfice à tirer de toute cette affaire : vous, et le contenu de votre boîte crânienne.

Vladimir se contente de lui lancer un regard farouche, provocateur.

(Quicksilver) : Il est inutile de me regarder avec cet air réprobateur, professeur Morlan. Je ne suis qu’un intermédiaire. Par contre, il y a ici quelqu’un qui avait impatiemment envie de vous revoir.

Et alors qu’il annonce indirectement cette personne mystérieuse, un bruit de pas se fait entendre à l’entrée du laboratoire. Le regard de Vladimir se tourne directement vers l’origine de ce son et se rempli alors de colère.

(Vladimir) : ... vous!!

Chapitre 139 Chapitre 141

- Haut de la Page -

Valid XHTML 1.0 Strict