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Le crash

Sorti le 09/05/2007, compilé dans le Volume 2

Histoire :

Vladimir se redresse tant bien que mal, malgré les turbulences, regardant par la fenêtre pour constater que l’aérotrain perd peu à peu son antigravité et qu’il pointe lentement vers le sol. Les passagers hurlent sans oser bouger, cherchant les masques à gaz sous leurs sièges.

(Vladimir) : Un peu de calme, s’il vous plaît ! Nous ne sommes pas si haut !

Mais le professeur parle à des sourds. Les gens sont terrifiés. Almee se redresse en essuyant son bras recouvert de sang contre la moquette du fauteuil. Il pose sa main sur l’épaule de Morlan, se baissant vers lui pour lui chuchoter à l’oreille.

(Almee) : Vous mentez mal, prof. On est peut être pas haut, mais une chute à cette vitesse… on va tous finir en purée.

(Vladimir) : Je le sais bien, mais que veux tu que je leur dise ?

Il montre du doigt au réploïde la cabine de pilotage tandis que l’appareil penche de plus en plus vers l’avant.

(Vladimir) : Vois si tu ne peux rien faire sur le tableau de bord. Et n’attire pas l’attention de cet inspecteur de malheur.

(Almee) : Je ferai ce qu’il faut pour sauver nos vies… et même si je dois dévoiler mon identité pour cela.

Il part en courant, Vladimir veut le retenir d’une main en affichant une expression rageuse mais n’a pas le même équilibre que le réploïde. Il chute sur le côté, retombant sur un siège. Almee dépasse toutes les rangées de sièges et arrive dans la cabine de contrôle où Telziel tente de manœuvrer les quelques appareils encore en état de marche. Une grosse étincelle éclate au milieu d’un cadran qui se fend en deux. L’altimètre baisse progressivement. Telziel constate la présence d’Almee et tente de lui barrer l’accès aux contrôles.

(Telziel) : Hey, gamin… qu’est ce que tu fais ?

(Almee) : J’essaye de vous sauver la vie.

Il repousse Telziel sur le côté qui ne peut rien faire face à la surprenante force du jeune homme. Il écarquille les yeux devant tant de puissance physique.

(Telziel) : Bordel.

Telziel recule dans le couloir de jonction entre le compartiment et la cabine, scrutant ce que fait le réploïde. Ce dernier se retourne vers Telziel, affichant un sourire raté sur son visage.

(Almee) : Je fais des études de mécanique.

Telziel manque d’éclater de rire, malgré la situation alarmante.

(Telziel) : Je doute que ça soit utile ici, mon gars.

(Almee) : Détrompez vous.

Il se retourne alors vers le tableau de bord, cherchant du regard les commandes en fonction et voyant d’un œil un peu paniqué que le véhicule se rapproche de plus en plus rapidement du sol, même si la chute est encore ralentie par quelques lien d’antigravité avec le monorail supérieur.

(Almee) : Ca va bientôt lâcher et nous serons réduits en bouillie si je ne fais rien…

(Telziel) : C’est un charmant programme… si tu peux nous l’éviter, j’en serai ravis.

Almee regarde intensément tous les appareils, en cherchant un bien particulier, mais il ne semble pas le trouver. Il voit une manette coincée qu’il tire violemment. Dans un bruit sec, il arrive à la baisser. L’aérotrain subit un grondement sourd et semble se stabiliser, ce qui n’arrête pas sa chute.

(Almee) : J’ai réalimenté les panneaux antigravs, maintenant il suffit simplement de les reconnecter au monorail.

Telziel écarquille les yeux en voyant ce qu’Almee vient de faire.

(Telziel) : J’ai tenté d’abaisser cette manette avant, rien y a fait !!

Almee affiche une expression gênée devant l’incompréhension de l’inspecteur et se décide à lui mentir une nouvelle fois.

(Almee) : C’est juste que vous n’avez pas la bonne technique.
 
Le réploïde jette un regard par le cockpit pour constater le rétrécissement progressif du rail au dessus de l’appareil, signe que l’aérotrain continue sa chute.

(Almee) : Bon, on est trop bas pour raccorder avec le rail…

(Telziel) : Quoi ??! On va se crasher ??!

Almee baisse la tête.

(Almee) : Oui… mais pas comme vous le pensez.

Almee manipule quelques boutons valides sur le tableau de bord. Les panneaux antigrav présents sur le toit descendent alors le long des parois des wagons avant de se placer en dessous dans un bruit tonitruant accompagné de nombreuses secousses qui font hurler les voyageurs.

(Almee) : Ouf… ça a marché… y avait une chance sur deux que ça plante. Héhé.

(Telziel) : Et ça te fait rire ?

Almee appui sur un ultime bouton et les lasers antigrav se déchargent entièrement vers le sol, ralentissant radicalement la chute de l’aérotrain qui se redresse peu à peu puis finis par se poser presque délicatement au sol, projetant juste les passagers vers l’avant. Aucune victime, quelques blessés légers. Les gens se mettent à applaudir en hurlant de joie.
Almee se retourne vers le compartiment et voit que Telziel n’a pas bougé, lui lançant un regard suspicieux. Il est adossé contre le mur bordant la sortie, les bras croisés, un air un peu convaincu imprimé sur le visage.


(Telziel) : J’aimerai m’entretenir avec toi et ton… père.

Almee pousse un soupir et baisse la tête. Vladimir arrive immédiatement dans le cockpit pour venir voir si son réploïde va bien.

(Vladimir) : Bravo, Almee…

Voyant la tête d’enterrement d’Almee, Vladimir tourne la sienne vers l’inspecteur Telziel qui a un sourire étrange imprimé aux lèvres.

(Telziel) : J’ai pas besoin de vous montrer ma carte, je suppose ?

(Vladimir) : Et qu’est ce que vous essayez de prouver ?

Telziel se détache du mur et approche d’Almee, qui recule d’un pas, légèrement effrayé par l’attitude de l’inspecteur.

(Telziel) : Votre « fils », hein ?

Vladimir se place entre le réploïde et l’inspecteur, croisant les bras calmement, d’un air tout à fait neutre et détaché. Almee semble moins détendu que son constructeur, et il a de quoi : si on prouve qu’il est un réploïde, il est bon pour la désactivation définitive.

(Telziel) : Vous savez que les expériences biomécaniques sur des être humains sont totalement interdites par la loi, n’est ce pas professeur ?

L’expression de Vladimir reste imperturbable, il se contente d’hausser les yeux au ciel et de pousser un léger soupir.

(Vladimir) : Je ne sais vraiment pas de quoi vous parlez…

(Telziel) : Vraiment ? C’est fâcheux…

L’inspecteur décroise lentement les bras, continuant à plonger son regard inquisiteur dans celui du professeur, et tourne lentement les talons, finissant par se retourner complètement et à s’engager vers la sortie. Sans se retourner vers ses interlocuteurs, il reprend la parole.

(Telziel) : Vous savez que je ne peux rien faire… Hydrapole est hors de ma juridiction. Au final, c’est une chance pour vous que vos N-Kar aient si bien marchés dans cette ville… car s’il y avait encore eu une Brigade Inquisitoriale à Hydrapole, il y aurait quelques têtes qui seraient tombées…

Vladimir ne répond rien, laissant Telziel sortir de la salle de pilotage, et par extension du véhicule abimé par le mini-crash. Almee pousse un soupir de soulagement.

(Almee) : J’adore la façon dont il exprime sa gratitude…

Vladimir se retourne vers son réploïde, hausse les épaules en affichant un sourire narquois puis prend la direction de la sortie à son tour, bientôt suivit par son garde du corps. Une fois dehors, ils remarquent qu’ils se sont posés dans une sorte de plaine sèche qui s’étend loin vers le Nord, la sortie d’Hydrapole étant visible à quelques centaines de mètres vers le Sud. Les rescapés sont pour la plupart assit par terre, attendant des secours que Telziel est en train d’appeler en beuglant dans son téléphone cellulaire. Vladimir montre du doigt un point à l’horizon.

(Vladimir) : Idlow est à un ou deux kilomètres dans cette direction. On va finir à pied.

Almee hoche la tête et les deux commencent à marcher calmement vers leur destination.

Chapitre 13 Chapitre 15

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