Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 137

.:: Chapitre 137 ::.
Mise au point

Sorti le 06/10/2010, compilé dans le Volume 16

Histoire :

Un verre encore à moitié plein vient exploser avec violence contre le mur de pierre d’une des nombreuses arrière-salles du repaire de l’Ordo Arakis. L’expression enragée, les yeux emplis de fureur, Willem, le bras encore tendu dans une position de jet, regarde les débris éparts qui sont retombés au sol dans un tintement de verre brisé. La manifestation physique de sa colère semble calmer quelque peu la rage qui lui empourpre les joues, et sous les yeux intrigués, et un peu inquiets, de Cendar, Luna et Raven, qui sont assis à la même table que lui, il se détend de lui-même et se laisse retomber au fond de son siège, croisant les bras sur son torse. Blackheart, assit pour sa part au bar de bois qui occupe tout le fond de la pièce, jette un coup d’œil rapide des débris à Willem, avant de reporter son regard de glace sur sa propre boisson.

(Willem) : Il se fout de notre gueule !! Pour qui il se prend ?

(Cendar) : Dois-je te rappeler que c’est de notre supérieur que tu parles ? Modère un peu ton langage.

Willem tourne vers le borgne une expression aussi surprise que courroucée. Piqué au vif par cette interjection, sa colère repart de plus belle.

(Willem) : Quoi ?! Parce qu’en plus on doit s’autocensurer maintenant ?

Cendar fait un geste las de la main, signifiant qu’il abandonne cette discussion. Mais Willem n’a pas l’air de vouloir lâcher le morceau.

(Willem) : Il part à l’improviste avec Almee, revient seul et s’enferme dans son bureau… et depuis, plus personne ne l’a revu, il n’est pas sorti une seule fois. Il nous laisse dans l’expectative, on sait même pas ce qui est arrivé à Almee.

(Luna) : Sayam dit qu’il est mort…

L’intervention quelque peu intimidée de Luna jette une ambiance de glace sur le quatuor. Cendar s’empresse d’essayer d’arrondir les angles.

(Cendar) : Allons, allons, on dramatise peut être un peu trop vite, là.

(Raven) : Non. Je l’ai ressenti moi aussi. Je pense que Sayam a raison.

Willem ne peut s’empêcher de laisser son poing s’abattre sur la table d’un geste brusque, effrayant tout le monde tant le coup apparaît fort. Finalement, son poing se résorbe et vient rejoindre son autre main pour soutenir son front. La tête basse, les cheveux en bataille, Willem semble être en pleine réflexion, ou tout du moins tente-t-il de reprendre son calme.

(Willem) : Quand il m’a sauvé… je n’ai cessé de le voir comme une sorte de guide, un être qui symbolisait cette liberté que je chérissais tant sans jamais pouvoir ne serait-ce que l’imaginer. J’aurais donné ma vie pour lui, pour ce qu’il représentait à mes yeux.

Cendar abaisse son unique œil d’un geste de dépit, semblant rejoindre le mouvement de Willem par cet acte.

(Willem) : Mais maintenant, que reste-t-il de ça ? Depuis Idlow, il ne reste rien de l’homme que je connaissais. L’aura qui l’entourait n’a cessé de se craqueler pour laisser apparaître ses failles trop humaines.

(Luna) : On attendait tous trop de Rufus, il fallait bien qu’on réalise un jour qu’il n’était qu’un homme, avec ses défauts.

(Raven) : Ce n’est pas ça. C’est Opitz.

Cendar pousse alors un soupir à l’évocation de ce fait et ne peut contrôler le hochement de tête qui vient soutenir l’hypothèse de Raven. L’attention se porte alors sur lui, comme s’il détenait la réponse à cette question.

(Cendar) : Opitz a une influence néfaste et indescriptible sur Rufus. C’est presque comme un lien surnaturel entre eux. Tant que Rufus savait qu’Opitz le croyait mort, il pouvait se consacrer à son but… le même que celui que nous voulons tous atteindre. Mais, depuis Idlow… depuis qu’Opitz sait que Rufus est en vie, c’est comme si… comme si tout avait été mis au second plan.

Derrière son masque impénétrable, Raven jauge Cendar du regard et vient soutenir son explication par un léger hochement de tête.

(Raven) : Opitz est comme une maladie pour Rufus. Leurs retrouvailles ont signé la fin de la période « glorieuse » de l’Ordo Arakis. Une piqure de rappel à l’ordre beaucoup trop violente pour être ignorée une fois de plus. Cette fois, il semble bien que Rufus veuille aller jusqu’au bout : tant qu’Opitz sera vivant, plus rien n’aura d’importance à ses yeux.

(Luna) : Mais cette perspective vengeresse est tellement personnelle… je veux dire, nous, nous le connaissons à peine, ce Opitz.

Cendar pousse un ricanement sombre en pointant son œil invalide, caché derrière un bandeau noir, de son index.

(Cendar) : Crois moi, mieux vaut ne pas le connaître. Rien que pour ce petit cadeau qu’il m’a laissé, je voudrais aider Rufus à lui porter le coup fatal.

Willem hausse les épaules avec dédain. Il semble s’être calmé en surface, mais il est clairement visible que sa colère pourrait exploser une nouvelle fois à tout moment.

(Willem) : Sans vouloir me montrer indélicat, nous ne partageons pas tous des souvenirs velléitaires à l’égard de ce bonhomme. Rufus ne nous a pas recrutés pour chasser le patron du CRTN, que je sache.

(Cendar) : Et c’est sans doute pourquoi il est si discret en ce moment… peut être veut-il régler ça seul.

Luna lance un regard torve à Cendar, semblant jauger ses explications comme une tentative de sauver les apparences.

(Luna) : Ca n’excuse en rien son comportement vis-à-vis de nous… et encore moins le fait qu’il soit responsable, d’une manière ou d’une autre, de la mort d’Almee. S’il veut régler ses comptes avec son vieil ennemi, qu’il le fasse… mais qu’il arrête de nous utiliser comme des pions sacrifiables !

(Willem) : J’ai encore en travers de la gorge la façon dont il avait traité Osmosis après sa mort. A ce moment là, je pensais que ce n’était qu’une passade… jamais je n’ai remis en question ma loyauté pour lui. Mais il est devenu évident qu’il n’a plus la moindre considération pour nous. Peut être n’en a-t-il jamais eu.

C’est au tour de Cendar de s’échauffer quelque peu, même s’il tente de contrôler au mieux sa colère. D’un geste ferme, il pointe Blackheart de la main, sans pour autant tourner son regard vers lui.

(Cendar) : Il a envoyé Blackheart te chercher lorsque tu t’es laissé engloutir par ton pouvoir. Même à cet instant il prenait en compte notre sécurité. Il n’aurait pas toléré que tu meurs pour lui alors il est inutile de prétendre qu’il souhaite nous sacrifier ou qu’il se moque de ce qui pourrait nous arriver !!

Willem ne trouve rien à répondre à cela et un petit sourire se dessine sur les lèvres de Cendar, visiblement satisfait d’avoir au moins réussit à rabaisser son caquet au rouquin. Mais il semble en falloir plus pour persuader Luna, qui pousse un soupir un peu lassé.

(Luna) : Reste qu’il n’y a plus qu’Opitz a ses yeux. C’est cette obsession qui l’a poussé à se débarrasser d’Almee, parce qu’il avait un lien avec Opitz, non ?

(Cendar) : Pour Rufus, Opitz est un leitmotiv destructeur et…

Raven le coupe alors, se levant de son siège d’un mouvement discret et rapide qui attire l’attention de toutes les personnes en présence sur lui.

(Raven) : C’est exactement pour cette raison que Mortis a quitté l’Ordo Arakis en son temps.

C’est au tour de Cendar de se retrouver coi. Willem et Luna échangent un regard, intrigués. Raven hoche alors la tête, comme pour les saluer, puis se dirige vers la porte de la pièce, s’apprêtant à la quitter. Sur le pallier, il se retourne toutefois pour lâcher encore quelques mots.

(Raven) : En menant Almee à la mort, Rufus a précipité ce qu’il voulait justement éviter : la dissolution de l’Ordo Arakis.

Il se retourne alors vers la porte, la tête basse. Personne n’ose ajouter le moindre mot. Dans un murmure, le samouraï en armure cybernétique lâche alors, comme une conclusion :

(Raven) : Je l’aimais, ce gamin…

Et il quitte la pièce, la porte se refermant derrière lui dans un bruit à la fois discret, banal, et lourd de sens. Cendar reste dans l’expectative, continuant à fixer la porte de son œil unique. Sur son visage, le doute est clairement lisible. Assit tranquillement au comptoir, Blackheart porte son verre à ses lèvres, le vide d’un trait, avant de le reposer calmement devant lui. Sur son visage, un sourire glacial et satisfait se dessine.

Eliza, les yeux cernés, pousse la porte du bureau central du QG de la Brigade Inquisitoriale. Au travers des fenêtres, les rayons du soleil matinaux dessinent des traits de lumière envahis d’une myriade de grain de poussières. Visiblement, cela fait un moment que le ménage n’a pas été fait à fond. Le regard fatigué de la brigadière se tourne vers un bureau où Notgiel est assit et compulse avec attention un gros dossier à la couverture violette très usée. Sans lever réellement le regard vers elle, il lève la main et lui offre un sourire, continuant sa lecture. A côté de lui, sur le bureau, traînent plusieurs tasses à café vidées de leurs contenus. Eliza offre un sourire attendri à son collègue avant de s’asseoir de l’autre côté de bureau dans un mouvement empli de lassitude.

(Eliza) : Tu as passé toute la nuit à lire ces dossiers?

Notgiel hoche rapidement la tête, continuant sa lecture. Ses pupilles produisent un va-et-vient rapide de gauche à droite, un peu hypnotique.

(Notgiel) : Une bonne partie… à un moment je me suis endormi dessus. C’est elle qui m’a réveillé il y a deux heures.

Il pointe du doigt Krokador, qui est calmement assise sur un vieux divan complètement décharné. Sur les genoux, elle tient un carnet rempli de dizaines de photos par pages. Des gros plans sur des visages, comme des photos d’identités prises à l’insu du modèle.  Eliza se lève et pour venir se rasseoir à côté de la jeune fille qui lui offre un sourire épuisé.

(Eliza) : Tu n’étais pas forcé de passer autant de temps là-dessus, tu sais.

(Krokador) : Ca m’fait rien, m’dame. J’vous assure qu’je tiens la grande forme !!

(Eliza) : Et ça donne quoi ?

Krokador fait une moue un peu déçue en haussant les épaules dans une attitude témoignant de son incertitude.

(Krokador) : Rien pour l’moment. Mais dès qu’j’verrai la tête d’ce gars, j’suis sûre qu’j’le r’connaîtrais !

De son bureau, Notgiel applaudit doucement, comme pour soutenir l’enthousiasme de Krokador.

(Notgiel) : Il faut qu’on se serre les coudes. Si elle trouve une photo de l’agresseur de Telziel dans ce trombinoscope, on sera déjà bien avancé.

Eliza jette un œil au titre inscrit sur la jointure du carnet de trombinoscopes que Krokador tient entre ses mains. Il y est inscrit au feutre noir « supposés criminels de la région d’Adra’Haar ». Une expression à la fois surprise et déçue se lit sur son visage.

(Eliza) : Tu as déjà élargit autant la recherche ?

Notgiel hoche la tête, imitant sans le vouloir l’expression de déception qu’affiche le visage de son interlocutrice.

(Notgiel) : On avait très peu de photos dans le dossier sur Alchimistes de Khemry. Aucune affiliée à l’aggresseur de Telziel. Ca risque d’être délicat de toute manière : ces types sont à la pointe de la biotechnologie. Ils peuvent sans doute changer de visage comme de chemise.

(Eliza) : Tu as réussis à contacter Zerkim ? Ils ont peut être plus d’infos du côté d’Adra’Haar.

(Notgiel) : Il cherche. Il a dit qu’il me recontacterait dans l’après-midi. Apparemment, leurs archives sont aussi bordéliques que les nôtres.

Alors que cette petite note d’humour parvient à arracher un sourire non-feint à Eliza, un vacarme naissant se fait entendre depuis le couloir. Visiblement, des gens sont en train de crier, et le ton est assez agressif. Eliza a à peine le temps de croiser le regard perplexe de Notgiel que le bruit se fait soudainement plus fort, comme si les acteurs de cette violente dispute se rapprochaient à pas lourds du bureau central. Alors qu’elle reconnaît la voix de Todd sans parvenir à saisir clairement ce qu’il dit, la porte s’ouvre à la volée, laissant pénétrer dans la salle quatre personnes. L’impression d’Eliza s’avère exacte : le lieutenant Todd fait bien partie du groupe, et à voir son expression courroucée ainsi que la façon dont il serre les poings en agitant les bras, il n’est pas des plus ravis de la présence des trois autres individus. Deux d’entre eux sont des soldats de base de l’Armée Sénatoriale, facilement reconnaissables à leurs uniformes en treillis noirs et gris, caractéristiques des troupes neutres d’Eidolon. Leurs visages sont fermés, durs, et ne laissent transparaître aucune émotion. Visiblement, ils ne sont que de simples accompagnateurs, ou gardes du corps, de la dernière personne en présence… qui semble être à mille lieux d’avoir besoin d’une escorte. L’individu est immense, au point de dépasser de bien plus d’une tête le pourtant très grand et massif lieutenant Todd. Seulement, il n’est pas taillé d’un bloc : malgré sa grande taille, il reste d’une finesse assez incroyable, et sa silhouette svelte ne fait que souligner la parfaite musculature de son corps. Il est engoncée dans un uniforme basé sur le même motif que les deux soldats l’accompagnant, seulement la coupe en est différente, et semble singer celle d’un fonctionnaire officiel. Par-dessus, il porte un plastron d’acier sculpté recouvrant la moitié droite de son torse. Le visage de cet homme de près de deux mètres trente est aussi dur que l’acier. Ses traits semblent découpés au couteau et son regard fin et sinistre brille d’une lueur verte. Il a des cheveux noirs et longs, tirés en arrière pour former une épaisse queue de cheval. Mais l’élément le plus caractéristique de son apparence, et qui achève de le rendre étonnement effrayant, est la longue et épaisse cicatrice partant de la commissure gauche de ses lèvres et remontant quasiment jusqu’à la fin de sa joue, élargissant sa bouche en un horrible sourire involontairement sinistre.

(Todd) : Je vous répète qu’il est hors de question que vous preniez en charge cette affaire ! Elle relève de la commission interne, et n’est pas dans vos prérogatives !!

Apparemment motivé par la présence d’un public plus surpris qu’autre chose, l’inconnu tourne son visage vers Todd dans un mouvement calme et serein. Eliza a un mouvement de recul en voyant cet étrange personnage être obligé de se pencher pour pouvoir regarder le lieutenant dans les yeux.

(Inconnu) : « Mes prérogatives » ? A ce que je sache, et selon les ordres du généralissime, la Brigade a été mise sous le contrôle de mon département d’intervention, et je suis de ce fait, seul juge des limites de mes droits sur celle-ci, n’est ce pas ?

Pour toute réponse, Todd se contente de pousser un grommellement, et se rend soudain compte qu’il est en présence de ses subordonnées. D’un geste ferme, il tente de se reprendre et de masquer les apparences.

(Todd) : Je ne pensais pas que vous seriez là de si bon matin.

(Notgiel) : Étant donné la nature de l’affaire, c’était normal qu’on s’investisse plus que de raison.

L’inconnu de grande taille se racle alors la gorge, signifiant par là-même qu’il n’apprécie guère d’être laissé en dehors de la conversation. Todd hoche la tête et se tourne vers lui pour le présenter.

(Todd) : Eliza, Notgiel, voici le grand commandant Velkov,  qui a été assigné à la nouvelle gestion de la Brigade sous les ordres du généralissime Whyze.

(Velkov) : Enchanté de faire votre connaissance.

Et bien qu’il semble être tout sauf enchanté, son attention se porte immédiatement sur Krokador dont il n’a pas manqué de remarquer la présence.

(Velkov) : Que fait un civil ici ?

Eliza s’approche de Krokador, comme pour se placer en protectrice de fortune devant elle. D’une main un peu hésitante, elle ébouriffe les cheveux de la jeune fille, tentant sans doute par ce geste d’attirer la clémence de son interlocuteur. Elle constate immédiatement que sa familiarité n’a pas le moindre effet, et prend une expression plus dure et assurée.

(Eliza) : Cette jeune fille a été témoin de l’enlèvement. Elle nous aide à la reconnaissance de l’accusée.

(Velkov) : Nous nous passerons de ses services.

Notgiel lâche alors son dossier et se redresse de son fauteuil, le faisant craquer par ce mouvement.

(Notgiel) : Comment ?

(Velkov) : Et nous nous passerons également des vôtres. Vous êtes tous suspendus de cette affaire. Vous informerez également l’inspecteur Davien Miller de sa suspension, vu qu’il n’est pas aussi matinal que vous.

Eliza reste abasourdie, tandis que Todd se frotte la tempe d’un air furieux. La brigadière comprend soudainement la raison des cris qui avaient précédés l’entrée du groupe dans le bureau central. Elle tourne un visage surpris vers Notgiel qui, pour sa part, a prit une expression  nettement plus nerveuse.

(Notgiel) : Mais nous avons des pistes !! Et on ne peut écarter ce témoin, il est capital !

Velkov tourne vers lui un faciès faussement souriant, ce qui, ajouté à sa cicatrice buccale, le rend réellement terrifiant.

(Velkov) : Ce témoin est une jeune fille écervelée, une étrangère venue de l’Est, que je devrais faire arrêter pour vagabondage si je n’étais pas si clément.

Krokador se redresse soudainement, piquée au vif, prête à faire parler les poings sans aucune réflexion supplémentaire, mais Eliza lui attrape le bras et la retient avant qu’elle ait pu se montrer véritablement agressive. Velkov, de son air hautain, supérieur en tout, autant par la taille que par le pouvoir, jauge l’ensemble de l’assemblée en affichant un sourire satisfait.

(Velkov) : Je vous juge tous trop personnellement impliqués pour pouvoir gérer cette affaire avec le maximum de lucidité nécessaire. Je vous relègue sur autre chose, et laisse soin à mes services spéciaux de retrouver l’ex-inspecteur Maximilien Telziel… s’il ne s’agit pas que d’une simple désertion de sa part. Etant donné le passif de l’intéressé, ce ne serait pas surprenant.

Notgiel s’appuie lourdement sur le bureau. Les sourcils froncés, les dents serrées, il a l’air d’un chien acculé prêt à mordre.

(Notgiel) : Dis donc, vous…

(Eliza) : C’est bon, Notgiel. Range tes affaires et laissons le bureau au Grand Commandant. Il va avoir besoin de place.

La froideur couplée au calme de ces paroles stoppe net les ardeurs de Notgiel, qui ravale ses mots en même temps que sa salive. Voyant Eliza récupérer son manteau et sa sacoche de travail, il se décide finalement à l’imiter. L’amertume est néanmoins nettement visible dans ses gestes, tandis qu’elle se lit dans les larmes qui brillent plus discrètement au fond des yeux d’Eliza. Celle-ci, prenant Krokador par les épaules, contourne le groupe de soldats pour emprunter la porte par laquelle ils sont entrés, sans même tenter de soutenir le regard désolé et implorant de Todd. Notgiel lui emboîte le pas et laisse la porte se refermer derrière lui dans un claquement bref et sonore, qui semble contenter le Grand Commandant comme une douce mélopée. Finalement, il détourne son faciès grimaçant vers Todd et croise ses longs bras sur son torse.

(Velkov) : Je suis persuadé que nous ferons du bon travail ensemble.

Chapitre 136 Chapitre 138

- Haut de la Page -

Valid XHTML 1.0 Strict