Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 127

.:: Chapitre 127 ::.
Ikher Van Reinhardt

Sorti le 20/05/2010, compilé dans le Volume 15

Histoire :

Le regard d’Almee s’embrase à l’audition de la phrase que Rufus vient de prononcer. Dans un mouvement lent des yeux, Ikher observe le jeune réploïde, semblant encore se demander de qui il peut s’agir. Finalement, un éclair traverse son regard d’un noir de geai : il vient de le reconnaître. Un sourire glacial déchire son visage, faisant comprendre à Almee que son ennemi de toujours se tient bien là, et qu’il est parfaitement conscient de qui se trouve en face de lui. Il n’en faut pas plus au réploïde pour se lancer à l’assaut sans la moindre sommation, dégainant son katana à la vitesse de l’éclair. Son coup est net, précis, visant la gorge d’Ikher, destiné à le tuer en un seul geste. Un impact arrête la lame d’Almee, qui voit une roche noire lui obstruer la vue et parer son coup. Sans même avoir eu le temps de voir son adversaire s’emparer de son arme, il s’est retrouvé bloqué par l’énorme lame noire et rocailleuse d’Ikher, que celui-ci a redressé devant lui pour stopper l’assaut précipité de son jeune opposant.

(Ikher) : Salut Almee, ça faisait un bail.

Almee sert les dents, prêt à retirer sa lame pour repartir à l’assaut sur le côté. Cependant, il n’en a pas l’occasion. D’un mouvement brusque et minutieux des muscles de son bras, Ikher produit une courte impulsion de sa lame, qui envoie balader Almee à l’autre bout de la pièce. Le réploïde atterrit avec violence contre le mur et retombe lourdement au sol, emportant par la même occasion deux ordinateurs dans sa chute, qui explosent à ses côtés dans des giclées d’étincelles. Rufus a tout observé sans opérer le moindre mouvement ni même esquisser un quelconque changement d’expression. Almee se redresse sur ses genoux, les yeux écarquillés : d’un simple mouvement du bras, son adversaire l’a envoyé balader comme s’il n’était qu’une vulgaire poupée de chiffon. Ikher agite lentement sa lame avant de la laisser retomber le long de son corps. Il plisse les yeux d’un air satisfait, reportant son attention sur Rufus.

(Ikher) : Effectivement, ça fait aussi longtemps que je ne t’ai pas vu, toi.

(Rufus) : Je constate que tes aptitudes ont grandement évolué.

Ikher hausse les épaules avec dédain, continuant à sourire de manière désintéressée.

(Ikher) : Qu’est ce que tu peux en savoir ? La dernière fois nous ne nous sommes même pas affrontés directement.

Il tend alors son énorme sabre noir droit devant lui. Son allonge est telle que sa pointe s’arrête à peine à une dizaine de centimètres du visage de Rufus. Celui-ci n’a même pas émit un centième de mouvement de recul.

(Ikher) : C’est ce que tu es venu chercher aujourd’hui, hein ? Un combat ?

Rufus hoche la tête de droite à gauche, en signe de négation. Relevant la main, il repousse légèrement sur le côté la lame noire qui lui obstrue la vue, ce qui lui permet de replonger son regard dans celui de son frère.

(Rufus) : Je ne suis pas venu t’affronter. Ca n’a aucun sens pour moi, je ne te considère pas comme un ennemi.

(Ikher) : N’importe quelle personne sur Kiren devrait pourtant me considérer comme tel. Pourquoi ferais-tu exception ?

Rufus hausse les épaules et laisse passer un petit moment de silence signifiant qu’il n’a pas envie de répondre à la question, après quoi il se contente de faire un mouvement de la tête en direction d’Almee, qui est finalement parvenu à se remettre debout sur ses jambes. Un fin liseré de sang s’écoule du front du jeune homme, que le choc semble avoir quelque peu secoué.

(Rufus) : C’est pour lui que je suis là.

(Ikher) : Non… c’est pour toi. C’est toujours pour toi que tu agis.

Une ombre passe dans le regard de Rufus. Si Almee n’avait pas choisi ce moment précis pour repartir à l’assaut, il semble évident que ce serait peut être Rufus qui se serait mis en action. Le réploïde pousse un hurlement de rage et opère un moulinet de sa lame, qui part de bas en haut. Ikher fait un simple signe du regard et Pecha intervient, bloquant la lame d’Almee de son épée finement gravée, à la simplicité d’apparence mensongère quant à sa capacité à tuer.

(Almee) : Laisse moi passer, je dois en finir.

(Pecha) : Ne sois pas stupide. Tu ne te rends pas compte que tu brasse du vent ?

Pecha fait habilement glisser la lame d’Almee vers le haut et place un coup précis du pommeau de son épée dans le ventre du réploïde qui se plie sous l’effet de la douleur, sans pour autant en témoigner une réellement affectation. La main libre d’Almee part, propulsée par le piston camouflée dans son épaule. Pecha se jette en arrière, évitant le coup de justesse. La main d’Almee va se planter dans le mur adjacent et l’explose littéralement sous la puissance du choc. Ikher, ne prêtant pas la moindre attention à ce qui se passe à deux mètres de lui, s’est rapproché de quelques pas de Rufus, qui se tient toujours debout, stoïque à l’entrée de la pièce.

(Ikher) : Alors, tu as repêché le frère de Shinzu et tu espères te débarrasser de moi en l’envoyant mener sa petite vengeance ? A moins que ce ne soit plutôt de lui que tu veuilles te débarrasser ?

(Rufus) : Je n’ai rien à gagner ni à perdre dans cet affrontement.

(Ikher) : Vilain menteur.

Ikher pousse un ricanement sourd qui assombrit encore plus le regard de Rufus. Un tintement d’épées s’entrechoquant se fait entendre à l’arrière, et la vague silhouette d’Almee attire un instant son attention, tandis qu’il se confronte à l’homme de main d’Ikher dans un tonnerre d’éclats de métal.

(Ikher) : Et qu’est ce que tu nous as fais, à Eidolon, mmh ? Tu voles un Hammer et tu exploses des villes ? Ca me surprend de toi… dire que tu avais peur de ce que je pourrais faire d’Ideus Ombra, je trouve que tu as pris de l’avance en terme de massacres des masses.

(Rufus) : Tu n’es pas obligé de me croire si je te dis que je n’ai rien à voir avec la destruction de ces villes.

Ikher hoche vivement la tête en souriant. Puis il se contente de faire un pas sur le côté pour éviter un coup d’estoc d’Almee, destiné à le transpercer par derrière. Pecha donne un violent coup de coude au réploïde pour le repousser vers l’arrière, se plaçant entre lui et son acolyte, comme un rempart infranchissable.

(Pecha) : Désolé, Brad. C’est un vrai chien enragé.

D’un mouvement des yeux, Ikher renvoi Pecha au combat, le soulageant de sa faute. Il reporte ensuite son attention sur Rufus, qui n’a toujours pas esquissé le moindre mouvement, même quand la lame de son propre compagnon a faillit lui entailler le bras au moment où Ikher l’a esquivé.

(Ikher) : T’as raison, j’ai du mal à y croire. Mais je vais essayer d’y croire quand même. Alors qui ?

(Rufus) : Opitz.

Ikher éclate d’un rire sinistre qui fige un instant Almee sur place, laissant l’opportunité à Pecha de lui assener un coup potentiellement mortel. Le réploïde se jette sur le côté, obligé d’abandonner son katana au passage, et se faisant largement entaillé le bras droit, dont une giclée de sang s’échappe, éclaboussant le bureau. Tenant son bras blessé d’une main ferme, Almee se jette en arrière pour échapper à un nouvel assaut destiné à séparer sa tête de son torse. Plus loin, Ikher retrouve un instant son sérieux.

(Ikher) : Toujours la même rengaine. Et tu me trouves obstiné ? Oublie-moi.

(Rufus) : Peu importe que tu me crois ou pas, mais c’est la vérité. Il cherche quelque chose, et je sens que c’est dangereux.

(Ikher) : Quoi ? La guerre ? Le pouvoir ? La fortune ? La connaissance ? Il veut peut être récupérer sa petite expérience fugitive, qui sait ?

Le regard lancé par Rufus à ce moment est suffisamment éloquent pour empêcher Ikher de continuer en ce sens. Il laisse échapper un petit silence et pousse un soupir devant le stoïcisme de son frère.

(Ikher) : D’accord, d’accord. Je te crois. Et le Hammer, tu compte en faire quoi ?

(Rufus) : Étant donné la situation, j’ai bien peur que l’usage que je comptais en tirer soit quelque peu minimisé. Mais peu importe.

Almee roule au sol pour éviter un coup d’épée de Pecha, ce qui lui permet de ressaisir son katana de sa main libre. Le plaçant devant lui comme un pieu, il manque de peu d’embrocher Pecha, qui se jetait sur lui pour le transpercer d’un ultime coup d’épée. L’homme de main d’Ikher fait un pas sur le côté, évitant le coup, mais se trouvant déséquilibré par ce mouvement, il ne peut éviter le moulinet des jambes qu’opère son adversaire. Pecha s’effondre en avant, la tête la première contre le mur, laissant à Almee le soin de se redresser et de repartir à l’assaut de sa cible principale sans avoir à se soucier de se faire contrer par un tiers. Ikher se retourne vers lui, affichant une expression de profonde lassitude. Il redresse sa lame noire et d’un large mouvement de balayement, produit à une vitesse effroyable, il fauche violemment Almee et l’emporte dans le mouvement de son sabre jusqu’à l’exploser dans le mur où il disparaît totalement, avalé par la fumée et les morceaux de plâtre. Almee se retrouve sur le pont, traversant la cloison de la cabine où il se battait jusqu’à présent, et fait plusieurs tonneaux avant de finir sa course contre la rambarde de sécurité, qui s’affaisse sous la puissance du choc. Le réploïde manque de peu de tomber à l’eau, suivant le mouvement de la rambarde qui fait une chute vertigineuse. Se retournant, il vomit le contenu de son estomac en crispant sa main contre son ventre. Le souffle court et haletant, il redresse le visage pour voir apparaître Ikher, descendant tranquillement les escaliers du pont, son épée entre les mains, sa dense chevelure noire disparaissant quasiment dans les ténèbres de la nuit.

(Ikher) : Tu réalise que si j’avais frappé avec le tranchant de la lame, tu serais à présent coupé en deux ?

(Almee) : F… ferme… la… 

Ikher s’arrête au bas des escaliers et pousse un soupir. Pecha, remit de sa chute, fait son apparition par l’ouverture pratiquée dans le mur par le corps d’Almee. Il bondit par cet orifice et atterrit en contrebat, sur le pont.

(Ikher) : Shinzu m’avait dit que tu poserais certainement problème.

(Almee) : Je t’interdis… de… de prononcer son nom.

(Ikher) : Arrête ça, c’est ridicule. La vengeance comme motif de vie ? C’est dépassé, archi-dépassé… Ca ne fait plus rire personne. Même ton boss en a marre de toi et de ton comportement puéril.

Almee redresse son regard vers la porte de sortie de la cabine principale, à laquelle se tient calmement Rufus, les cheveux dans le vent. Impassible, il observe. Almee comprend tout à coup que Rufus ne l’a certainement pas emmené ici que pour honorer sa part du marché à son égard.

(Ikher) : J’ai eu mille fois l’occasion de te tuer, et je ne l’ai jamais fais. Shinzu m’avait pourtant dit de ne pas hésiter si tu te mettais en travers de ma route, mais malgré ça je me suis toujours abstenu.

Almee se redresse sur ses jambes, se maintenant au bout de rambarde encore intacte mais dont la stabilité est à présent incertaine. La confusion de ses pensées l’empêche de bien comprendre ce que vient de lui dire Ikher au sujet de son frère. Il titube légèrement, et resserre les doigts sur le pommeau de sa lame.

(Almee) : Tu as préféré faire croire que je t’avais tué au cours de ce duel. Tu t’es fais passé pour mort afin de m’envoyer en prison… ou pire, au peloton d’exécution. Tu n’as pas eu le cran de me tuer de tes propres mains ? Ca ne t’a pas pourtant pas dérangé d’assassiner Shinzu !!

Ikher affiche un sourire sombre et hausse les épaules. La densité noire du ciel s’autorise à présent à laisser tomber sur la scène un rideau de pluie glacial et mortuaire.

(Ikher) : Tu ne sais rien de moi. Tu croyais connaître Elven ?

Il pointe Rufus du doigt, sans se retourner vers lui pour autant. A ce mouvement, un éclair illumine la scène, laissant apparaître toute la froideur du regard du chef de l’Ordo Arakis.

(Ikher) : Il croyait connaître Ikher.

Son regard pointe à présent en direction de Pecha qui, l’épée à la main, ne semble attendre qu’un ordre pour se jeter à l’encontre du réploïde et mettre définitivement un terme à son existence.

(Ikher) : Mais la seule personne à réellement savoir qui je suis ici, c’est cet homme, Pecha Lanford, qui pourtant, jusqu’à ce soir, ignorait mon véritable nom.

Almee commence à retrouver ses moyens. Ses cheveux trempés de pluie retombent lourdement devant ses yeux emplis de colère, mais son expression laisse encore transparaître la douleur qui traverse tout son corps.

(Ikher) : La seule autre personne à avoir pu jouir de ce privilège à ce jour, c’est ton frère, Shinzu.

(Almee) : Alors comment as-tu pu l’assassiner aussi froidement, hein ?

Ikher affiche un regard sombre en direction d’Almee. La pluie est devenue tellement dense qu’il ne distingue que sa silhouette au creux de l’averse.

(Ikher) : Parce qu’il me l’avait demandé…

Chapitre 126 Chapitre 128

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