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Rencontre providentielle

Sorti le 25/04/2007, compilé dans le Volume 2

Histoire :

Telziel descend à peine du train qui vient de le mener d’Eidolon à Hydrapole qu’il est immédiatement agressé par des cyber-publicitaires, des robots stupides qui essayent de refourguer tous les trucs inutiles touristiques aux gens qui débarquent des trains : plans de la ville, jumelles, casquettes souvenirs, etc. Montés sur une espèce de roue motrice, leur tête en forme d’écran de télé affiche différentes expressions sous formes de smileys jaunes ridicules. Entre la roue et la tête, un corps rectangulaire contenant tous les articles à vendre, encadré par deux bras mobiles qui prennent l’argent et donnent les objets.

(Cyber-publicitaire) : Bonjour monsieur. Bonne journée monsieur. Comment allez-vous monsieur ? Puis je vous proposer un plan de la ville monsieur ? Ou un parapluie pour cette journée pluvieuse ?

Telziel accélère le pas sans réagir aux propositions du robot afin de s’en débarrasser le plus vite possible. Mais la machine ne semble pas vouloir le lâcher, roulant derrière lui en restant suffisamment à porter pour que son horrible voix digitale continue à taper sur les nerfs de l’inspecteur.

(Cyber-publicitaire) : Monsieur, peut être désirez vous un T-shirt ou une parka aux couleurs de la ville ? Une casquette ou une paire de jumelles ? Je peux également vous proposer snacks, boissons et divers types de barres chocolatées, monsieur. Ou peut être que…

Le cyber-publicitaire n’a pas le temps de finir sa phrase que Telziel se retourne et lui calle un direct du droit en pleine « tête ». Le robot perd l’équilibre et s’effondre au sol dans une gerbe d’étincelles. Sa voix devient monocorde, de plus en plus faible, puis se coupe pour de bon.

(Telziel) : Prends ça en guise de compensation, boîte de conserve.

Il jette une pièce sur la carcasse fumante de la machine et continue sa route, les gens, effrayés, s’écartant sur son passage. De ce fait, il arrive plus rapidement à l’aérotrain, sorte de tram futuriste qui se déplace sur des lignes inversées, dans les airs (les rails sont donc placés au-dessus du toit et le raccord se fait par un système antigrav). Il montre sa carte d’inspecteur au contrôleur, qui hoche la tête sans réellement prêter attention à ce qu’il vient de voir. Telziel se jette dans le premier fauteuil qu’il voit, et se masse langoureusement l’épaule, qui lui fait encore mal, en affichant une grimace de déplaisir.

Quelques instants après, c’est au tour de Vladimir Morlan d’arriver sur le quai de l’aérotrain. Almee, qui porte une grosse valise au bout de son bras droit, le suit, le sourire aux lèvres.
Vladimir se retourne subitement face à son réploïde, ce qui arrête la marche de ce-dernier.
 

(Vladimir) : N’oublie pas : fais bien attention à ce que tu dis. La nature de ton corps doit absolument rester secrète, sinon nous risquons la prison.

(Almee) : Vous risquez.

(Vladimir) : Et toi ce sera la déconnexion définitive.

Almee perd son sourire et hoche la tête en signe d’acceptation des indications de Vladimir. Ce-dernier rentre dans l’aérotrain, montre sa carte de scientifique au contrôleur de manière presque automatique, et s’applique à chercher deux places libres l’une à côté de l’autre.
Il stationne alors devant Telziel qui semble le reconnaître.


(Telziel) : Hey, vous seriez pas… Vladimir Morlan, par hasard ?

Vladimir, surpris d’entendre son nom, baisse la tête vers Telziel qu’il considère d’un air louche.

(Vladimir) : Si… et vous êtes ?

(Telziel) : Inspecteur Maximilien Telziel de la Brigade Inquisitoriale d’Eidolon… je me souviens de vous, professeur. Vous êtes l’inventeur des robots de sécurité N-Kar. Vous savez, ceux qui sont tellement performants qu’ils ont finis par mettre tous les honnêtes policiers d’Hydrapole au chômage. Je suis vraiment ravit de faire la connaissance de l’homme qui a fait disparaître la Brigade Inquisitoriale d’Hydrapole. Je tenais à vous serrer la main, félicitation professeur.

Vladimir pousse un soupir en serrant la main de son interlocuteur.

(Vladimir) : J’ai compris votre cynisme, monsieur Telziel… seulement, comme vous et comme chaque ancien policier d’Hydrapole, je ne fais que mon travail et je n’ai pas d’influence sur les répercussions que ce-dernier a sur la société. Maintenant, si vous voulez bien m’excuser…

Alors que Vladimir s’apprête à s’avancer dans le wagon pour s’éloigner de cet homme qui lui est très désagréable, Almee s’arrête devant Telziel et lui sert vigoureusement la main, sans prévenir. L’inspecteur affiche une mine étonnée et retire sa main par reflexe.

(Telziel) : Heu… je crois pas qu’on ait été présenté.

Vladimir remonte vivement au niveau d’Almee et de Telziel pour tenter de réparer la gaffe que le réploïde vient de commettre.

(Vladimir) : Heu… c’est Almee, il est uniquement…

(Almee) : Son fils.

Telziel considère Almee d’un œil réservé, puis tourne son visage vers Vladimir.

(Telziel) : Votre fils, hein ? On peut pas dire que la ressemblance soit frappante.

(Almee) : Je tiens beaucoup de ma mère. Paix à son âme.

Telziel écarquille les yeux, complètement incrédule face à l’air complètement mensonger d’Almee lorsqu’il a sorti cette phrase pseudo-évangélique.

(Telziel) : Heu bien… enchanté.

Vladimir saisit alors Almee par sa veste et le tire vivement au fond du compartiment où il reste deux places cote à cote. Vladimir est rouge de honte, ou de colère (c’est au choix).

(Vladimir) : Mais tu es complètement malade : c’est le type même de gars que tu dois éviter. Cet homme est un radar sur patte, un inspecteur de la Brigade Inquisitoriale. S’il découvre par un moyen ou un autre que tu es un être humain technologiquement modifié, on est cuit.

(Almee) : Allons, calmez vous, prof ! Un sage a dit « sois proche de tes amis, mais encore plus de tes ennemis ».

(Vladimir) : Ce sage a été poignardé par son meilleur ami, tête de pioche !

(Almee) : Ah. C’est fâcheux.

Vladimir pousse un soupir et retombe lourdement contre le fond de son siège tandis que l’aérotrain démarre lentement.

(Vladimir) : On va prendre l’aérotrain jusqu’à l’arrêt d’Idlow. Le magasin de mon ami ne sera qu’à cinq minutes de la station.

Almee hoche doucement la tête, l’attention détournée par ce qu’il voit au travers de sa fenêtre et qui a l’air de bien plus l’intéresser. Un vaisseau Falcon noir vole à environ cinq mètres de l’aérotrain.

(Almee) : Celui-là n’a pas l’air de prendre en compte les distances minimales de sécurité.

Vladimir tourne la tête vers la fenêtre pour constater la présence du Falcon dont la portière latérale s’ouvre violemment, laissant apparaître une dizaine d’hommes cagoulés, vêtus en noir et portant des gilets par balle militaires. Ils tiennent des mitrailleuses Z-RT8 en main et des couteaux de combat à la cheville. Vladimir affine son regard pour remarquer l’écusson qui frappe leurs épaulières. Vladimir écarquille les yeux en reconnaissant le logo des trois demi rectangles liés.

(Vladimir) : Nom de dieu… c’est la Ligue Noire.

(Almee) : La Ligue Noire ?

(Vladimir) : Des techno-partisans extrémistes, en quelque sorte. Leur organisation est énorme.

Vladimir se lève virulemment de son siège et se met à crier au travers du compartiment.

(Vladimir) : Tout le monde à terre ! La Ligue Noire attaque !!!

Telziel, et tout le reste des passagers, tournent alors la tête vers la vitre et ne peuvent que constater l’explosion immédiate de la porte de l’aérotrain dans une détonation tonitruante. Des câbles de raccord se plantent alors dans la carlingue et en moins de trente secondes, les dix terroristes armés font irruption dans le wagon, raccrochés aux câbles par un dérouleur ventral.
L’un des terroristes, qui semble être le chef, tire un coup de feu en l’air et tous les passagers poussent un cri d’effroi.


(Chef) : Que tout le monde garde son calme et que personne ne joue aux héros. Nous éliminerons tous les excités. Nous prenons le contrôle de cet Aérotrain.

Tous les autres terroristes se dispersent pour aller sécuriser les autres wagons. Telziel baisse les yeux en se demandant encore dans quel merdier il s’est fourré.

Chapitre 11 Chapitre 13

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