Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 11
.:: Chapitre 11 ::.
Le treizième membre
Sorti le 18/04/2007, compilé dans le Volume 2
Histoire :
Dans une chambre de l’hôpital Saint Regus d’Eidolon, Eliza est allongée dans un lit, les yeux mi-clos, une minerve autour du cou et un bras dans le plâtre. A ses côtés, Telziel est assit sur une chaise retournée, torse nu, un gros bandage lui enroulant l’épaule et la moitié supérieure du bras. Il regarde sa compagne d’un air triste.
(Telziel) : Je suis désolé, Eliza… j’aurai dû me montrer plus prudent. Maintenant, notre petite visite à Hydrapole va devoir être remise à plus tard.
Eliza tourne deux trois fois la tête de manière lente en signe de dénégation.
(Eliza) : Tu n’y peux rien.
Telziel baisse la tête, un peu honteux, mais surtout très inquiet. Un peu plus et Eliza y passait. Cette-dernière semble hésiter un instant, puis décide finalement à parler.
(Eliza) : Maximilien…
(Telziel) : Oui ? Tu veux quelque chose ?
(Eliza) : Non… je… la femme qui m’a agressé à l’auberge… je crois que c’était la fille du Seigneur Louis Laderton. Tu sais, celle qui avait disparue.
Telziel affiche une mine surprise.
(Telziel) : Tu es sûre de toi ?
(Eliza) : Non, pas sûr… mais elle lui ressemblait traits pour traits.
(Telziel) : A vrai dire, je pensais à un simple règlement de compte entre gangs magiques et technologiques, à cause de la présence de ces deux magiciens dans l’auberge, ceux qui ont pris la fuite… mais au final, ça ne m’étonnerait pas que l’Ordo Arakis soit mêlé à ce bordel.
(Eliza) : Tu crois ? Mais pourquoi la fille Laderton serait elle leur complice ?
Telziel baisse la tête et regarde ses mains, semblant chercher une réponse.
(Telziel) : Je ne fais que des suppositions… je n’ai pas encore prouvé que l’attaque du manoir ait été commandité par l’Ordo, alors mes théories sont cousues de fil blanc évidemment. Après, si on se permet des largesses… on ne connait rien du comportement psychologique de la fille Laderton, après tout.
Eliza affiche un léger sourire, ses yeux se perdant dans le vague.
(Eliza) : En tout cas, si c’était bien elle… le profil psychologique me semble clair : psychopathe.
Ils rient tous les deux légèrement, puis la porte de la chambre s’ouvre en même temps, laissant passer un Notgiel légèrement affolé, ce qui contraste étrangement avec le bouquet de fleur qu’il a entre les mains et qu’il dépose entre les bras d’Eliza sans même prendre le temps de lui souhaiter un bon rétablissement.
(Eliza) : Heu merci…
Il se retourne alors vers Telziel, affichant une mine complètement désemparée.
(Telziel) : Mais enfin, qu’est ce qui se passe ?
(Notgiel) : Patron… les trois gars que j’ai envoyé à la poursuite des fuyards…
Voyant la mine complètement perdue de Notgiel, Telziel se lève de sa chaise, aggripe son homme de main par les épaules et le remue légèrement pour le forcer à le regarder dans les yeux.
(Telziel) : Quoi ? Qu’est ce qu’ils ont ?
(Notgiel) : Ils sont morts, patron.
Eliza laisse tomber le bouquet de fleur par terre en se redressant vivement.
(Eliza) : Quoi ?
(Telziel) : C’est une plaisanterie ?
(Notgiel) : Non, malheureusement… ils ont abattus un des magiciens, mais… ça leur a couté la vie… à tous les trois…
Telziel, complètement bouleversé, retombe assis sur sa chaise et laisse tomber sa tête entre ses mains. Eliza garde les yeux écarquillés, ne trouvant rien à dire. Notgiel, quant à lui, se met à faire les cent pas de manière nerveuse. Un grand silence s’installe dans la pièce et c’est finalement Telziel qui le brise.
(Telziel) : Notgiel, tu vas me faire un rapport détaillé. J’ai pas le temps d’entendre les faits de ta bouche, désolé.
Il se lève, prenant une chemise de malade sur la commode de la chambre. Eliza l’observe, sans comprendre ce qu’il veut faire. Alors qu’il va franchir la porte, Notgiel le retient par l’épaule.
(Notgiel) : Patron, qu’est ce que vous faites ?
(Telziel) : Tant pis pour le reste… je vais à Hydrapole. Sur le champ. Et j’y vais seul.
(Notgiel) : Quoi ??!
Eliza tend fébrilement sa main pour retenir son compagnon, mais celui-ci a déjà quitté la pièce, sans se retourner.
A bord de l’aéroplaneur, qui survole la distance séparant Eidolon d’Hydrapole, Sayam et Willem semblent attendre devant une porte-sas. Soudain, un vocodeur, placé à droite, leur adresse la parole.
(Vocodeur) : Vous pouvez entrer.
La porte-sas s’ouvre alors, donnant sur un petit salon aménagé assez luxueux, où Rufus est assis sur une banquette en cuir blanc. Il y a deux autres fauteuils fait dans la même matière qu’il indique d’un geste de la main aux deux nouveaux arrivants. Willem va s’installer immédiatement dans celui de droite, tandis que Sayam se place plus timidement dans celui de gauche. Rufus laisse un léger temps s’écouler avant de rompre le silence.
(Rufus) : Alors, tout s’est bien passé ?
(Willem) : Pas dans la plus grande des discrétions, mais c’est pas grave, tout a été fait sans bavure.
(Rufus) : Parfait.
Sur la table séparant les sièges, une bouteille de whisky et deux verres sont placés. Rufus décapsule la bouteille et verse l’alcool dans les deux verres, en donne un à Willem et prend l’autre, se doutant bien que ce n’est pas le genre de breuvage qui plairait à Sayam. Le chef de l’Ordo boit une gorgée avant de reprendre.
(Rufus) : Donc, vous avez récupéré la disquette ?
Sayam sort la disquette de sa poche et la pose délicatement sur la table. Rufus considère l’objet d’un œil vif avant de reprendre une gorgée à son verre. Un léger sourire s’imprime sur son visage.
(Rufus) : Vraiment parfait… eh bien Sayam, il faut croire que tu as été brillante.
Un petit sourire s’affiche sur le visage de la jeune fille, et ses joues rougissent un peu. Willem sourit également, mais d’un air plus malicieux.
(Willem) : Je crois que vous l’intimidez, boss.
Rufus paraît étonné par cette remarque et se tourne vers celui dont elle émane, toujours souriant.
(Rufus) : Allez, fais moi le rapport, Willem.
(Willem) : Richard Burks a été liquidé… notre nouvelle amie a des talents surprenants pour tourner les têtes dans des angles que j’aurai cru improbables. Manque de bol, il y avait deux agents de la Brigade Inquisitoriale d’Eidolon dans le restaurant… j’en ai blessé un, mais j’ai raté mon coup. Je visais pour le tuer, manque de chance. Sayam a faillit tuer l’autre, qui n’a été sauvé qu’in extremis par son collègue. On a préféré fuir après ça, ils avaient appelés des renforts.
Rufus considère à nouveau Sayam d’un œil vif avant de retourner son visage vers Willem.
(Rufus) : Bien, bien… je vois… alors que pense tu de cette petite ?
(Willem) : Franchement, boss… une fille avec de telles aptitudes est une perle pour un groupe comme le nôtre.
Les yeux de Rufus s’assombrissent, mais la déclaration de son subordonné à l’air de parfaitement lui convenir.
(Rufus) : C’est ce que je pense aussi… J’ai bien fais de l’emmener avec nous, finalement. Elle nous sera fort utile pour ce genre de missions…
Willem, qui était en train de boire son verre, affiche une mine étonnée.
(Willem) : Comment ? Vous voulez dire que vous pensez à l’intégrer comme notre treizième membre ?
Le regard de Rufus se tourne alors à nouveau vers Sayam, qui bien qu’absente par les paroles, ne semble pas avoir raté une miette de ce qui vient d’être dit.
(Rufus) : Ca, ça dépendra de ce qu’elle veut elle. Qu’en penses-tu, Sayam ?
Sayam regarde tour à tour Rufus et Willem qui ont les yeux rivés sur elle. Sa décision est déjà prise, de toute manière, et de façon imperturbable, elle répond sans marquer un grand temps de réflexion.
(Sayam) : Je suis d’accord.
Rufus retombe au fond de son fauteuil, et vide son verre de whisky d’un coup. Ses yeux semblent devenir moins perçants, plus naturels que lors de la discussion qui vient de précéder.
(Rufus) : Parfait… Absolument parfait…
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