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Bataille dans les égouts

Sorti le 11/04/2007, compilé dans le Volume 2

Histoire :

Halton suffoque bruyamment. Engal lui a prit la main, ne sachant que faire d’autre. Les trois soldats ne semblent pas avoir envie de patienter bien longtemps, leurs armes pointant de manière agressive vers les deux fuyards restant.

(Soldat) : Allez, relève toi !

Engal se redresse, regardant Halton pousser son dernier soupir. Les yeux du jeune magicien se ferment et il ne bouge bientôt plus. Les yeux emplis de rage d’Engal, dont s’écoulent des larmes, se pointent vers les soldats de la Brigade.

(Engal) : Ce n’était qu’un enfant !

(Soldat) : Enfant ou pas, il a tenté de nous agresser.

(Engal) : C’était un innocent.

(Soldat) : J’en ai assez…

Le soldat pointe le canon encore fumant de son arme contre la tempe d’Engal.

(Soldat) : Maintenant tu te mets à genou et les mains derrière la tête. Exécution !

Mortis lève alors son index de manière tout à fait calme et respectueuse, afin d’attirer l’attention vers lui.

(Mortis) : Je suis d’accord avec cet hurluberlu. Vous êtes des "salauds". Et je ne vous aime pas beaucoup en plus, surtout que vous voulez me forcer à m’agenouiller dans la crasse.

Un mouvement vif de Mortis, quasiment imperceptible à l’œil nu, et le soldat qui menaçait Engal se retrouve avec une dizaine de Shurikens plantés dans le visage et dans le torse. Son corps inanimé tombe en arrière et ouvre le feu en continue, sans le vouloir. Les balles ricochent alors dans l’étroite impasse. Engal saisit Mortis et se jette sous l’eau avec lui. Lorsque le chargeur est enfin vide, ils se redressent tous les deux, étonnés de ne pas avoir été touchés. Un des soldats se tient la cuisse tandis que l’autre vérifie l’état de celui qui vient de se manger les Shurikens.

(Soldat blessé) : Argh, ma jambe.

(Soldat) : Merde, Gin est mort.

Voyant Mortis se redresser, le soldat encore valide tourne son arme vers lui sans faire de somation, près à l’abattre sur le champ, mais c’est au tour d’Engal de faire une démonstration de force : il avait dégainé sa belle épée sous l’eau, et en un puissant moulinet, il tranche le canon de l’arme sous les yeux ébahis du soldat.

(Soldat) : En… enfoiré !

Le soldat ne se démonte pourtant pas, et se contente de reculer d’un pas et de se saisir de l’arme de son collègue blessé à la jambe, qui ne peut plus tenir debout. Il pointe cette nouvelle arme sur le duo imprévu et s’apprête à faire feu lorsqu’une chaîne s’enroule autour de sa nuque. Lançant un regard étonné à cette étrange apparition, le soldat n’a même pas le temps d’ouvrir la bouche que cette-dernière, dans un terrible craquement, est capable de dire bonjour à son dos. Le corps, uniquement convulsé par des spasmes musculaires, s’effondre dans l’eau, laissant apparaître Sayam derrière lui. Le dernier soldat encore en vie, blessé, lance un regard affolé à la jeune femme, tentant de s’éloigner d’elle en glissant le long du mur. Tout ce qu’il parvient à faire, c’est à s’effondrer dans l’eau. Sayam lui lance un regard froid.

(Soldat blessé) : Pi… pitié !

Engal lui colle un coup de pied empli de rage en pleine mâchoire.

(Engal) : De la pitié ? Vous en avez eu pour mon compagnon, de la pitié ?

(Soldat blessé) : Je ne voulais pas… je… j’ai tiré par reflexe… pitié !!

Les larmes aux yeux, emplis de rage, Engal hurle toute sa haine en levant son épée qu’il abat violemment dans le dos du soldat à terre, l’empalant définitivement. Le soldat meurt sur le coup, une gerbe de sang giclant de sa bouche. Le magicien tombe alors à genou devant le cadavre de celui qu’il vient de tuer, baisse la tête. Des larmes coulent le long de ses joues et son corps est prit de tremblements.
Sayam, sans prendre en considération ce qui vient de se passer, envoi ses chaînes vers le haut, vers la bouche de sortie inaccessible, et se hisse gracieusement jusqu’à disparaître à la vue de Mortis. Ce-dernier, s’adossant contre le mur recouvert de sang, époussette sa tenue quelque peu salie par les derniers événements.


(Mortis) : Désolé pour ton pote.

Engal ne répondant rien, Mortis se baisse pour ramasser sa lanterne, s’avance vers l’entrée de l’impasse et disparaît à nouveau dans les galeries d’égout sans ajouter un seul mot. Engal se redresse quelques instants après, déloge son épée du dos de sa victime dans une gerbe de sang, et tourne la tête vers le corps inanimé et si paisible d’Halton. Il pointe alors son arme souillée vers son ancien compagnon.

(Engal) : Je te jure, Halton… je te jure d’attraper Vladimir Morlan et de nous faire entendre. Je vais le faire pour toi. Pour ta mémoire !

Une fois lâché ces mots, il range l’épée dans son fourreau et lève la tête vers la bouche de sortie, où un magnifique soleil resplendit.

A l’extérieur, Sayam, complètement trempée, débouche dans une grande cour et une main gantée se tend vers elle pour l’aider à se relever. Elle lève les yeux pour constater la présence du rouquin, qui semblait l’attendre ici.

(Rouquin) : Hey, gamine, tu aurais pu choisir un autre chemin.

Sayam, un léger sourire imprimé sur le visage, se saisit de la main de son compagnon qui l’aide à se relever.

(Sayam) : Merci, Willem…

Le dénommé Willem affiche une expression de surprise et tape dans ses mains une fois Sayam relevée sur ses deux pieds.

(Willem) : Yeup, je suis content ! Toi qui parle d’habitude si peu, tu as réussis à retenir mon nom du premier coup, ça me fait plaisir.

Sayam se contente de sourire, reprenant un peu son souffle. Elle commence à ré-enrouler les chaînes autour de ses poignets. Willem la regarde faire d’un air dubitatif.

(Willem) : Ce serait plus simple de les transporter sans qu’elles soient attachées, non ?

Sayam se contente de répondre négativement en hochant la tête de gauche à droite, sans prendre la peine de regarder vers son interlocuteur. Celui-ci hausse les épaules et reprend la parole.

(Willem) : Au fait, tu as récupéré ce qu’on t’avait demandé sur ce Richard Burks avant de le tuer?

Sayam hoche la tête et farfouille dans la poche ventrale de sa robe avant d’en sortir une disquette bleue uniforme. Willem hoche alors la tête en affichant un léger sourire et sort une espèce de petite télécommande munie d’un unique bouton rouge sur lequel il presse. Un petit bruit de confirmation se fait entendre.

(Willem) : C’est le point de rendez vous… maintenant qu’on est tous les deux là et que la mission est un parfait succès, il n’y a plus qu’à attendre notre carrosse.

(Sayam) : Oui.

Elle lève les yeux vers le ciel pour voir arriver un aéroplaneur de taille moyenne, tout de même assez impressionnant par ses reflets chromés et son aspect très lisse. L’appareil se pose à une dizaine de mètres du duo, les moteurs cessant immédiatement de faire du bruit.

(Willem) : Eh bien, ils n’ont pas trainés.

La surface complètement lisse de la coque se fend alors et une petite passerelle donnant sur une ouverture noire sort lentement. Willem s’avance vers l’appareil, suivi de Sayam et ils y pénètrent tous les deux en même temps. La passerelle se referme sur l’ouverture, redonnant à la coque son aspect complètement lisse. Un léger bruit se fait entendre et les moteurs de l’appareil redémarrent immédiatement. L’aéroplaneur s’envole alors à une vingtaine de mètres au-dessus du sol et disparaît à l’horizon, en direction d’Hydrapole…

Chapitre 9 Chapitre 11

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